HISTOIRE DE...(1)
Pour rigoler…
Une certaine année je me suis amusé à écrire des petites chroniques à la piscine du Bleymard. Tu n'était pas là pour égayer mes après midi mais j'ai la chance de savoir et de pouvoir m'évader comme je l'entends…
Je me suis dis que je pouvais bien te les livrer sur ton blog…comme ça, pour que tu ressente si tu en a le cœur et l'envie, de quoi est fait ton papa.
Alors je te mettrai ces petites chroniques sur cet article

Les Syphes
Le piscine du Bleymard c'est un peu aux piscines municipales ce que serait pour la marine un chalutier breton à un porte avion.
Certains diraient une marre, une flaque, un pateaugeon...!
Moi je dis un fragment de mer, une échappée maritime en Lozère ! Bien entendu, pas les vagues, pas le sel, pas les mouettes, pas trop le sable non plus, mais le bleu y est et puis les mots magiques aussi, ceux qui chantent l'été : les plages, la baignade, « elle est froide »,
« elle est trop bonne », les parasols, les glaces en bâton, les traces des pieds mouillés sur les margelles brûlantes (parfois) …!
La piscine du Bleymard depuis cette année (2006) est gratuite ! Et oui, pas deux euro, pas même un . Zéro. Ici dorénavant c'est rasage gratis . Mais justement parce que c'est « gratis » ben t'as plus la mousse qui calme et adoucit la lame. C'est le rasage brut. La piscine c'est pareil. C'est gratuit, mais le service va avec la gratuité. Service minimum, plus de caissière. La caissière s'était l'accueil, les wc toujours bien propre, le sol rincé et pas glissant, les petites attentions sympas : garder la montre, les médailles précieuses. Maintenant c'est : « ce lieu et sa propreté sont sous la responsabilité du public ». L'autogestion en terme de propreté, y'a qu'à voir ce que cela donne sur les aires de stationnement au bord des routes…
Mais basta…c'est comme ça !
Pour commencer ces chroniques je voudrais rendre un hommage sincère à mes petits compagnons estivaux. J'ai nommé les Syphes. Tu sais, ces petits hyménoptères charmants, (évoqués par Verlaine dans je ne sais plus quel poème) qui te font bondir et crier « attention une guêpe ». Certains en ont la couleur, l'allure, mais n'en sont pas . Bien au contraire, le Syphe est un petit animal du genre insecte totalement dépourvu d'agressivité (en aurait t'il qu'il n'en serait pas moins inoffensif puisque dépourvu de dard).
Comme le serait un chat ou un chien, il est mon plus fidèle compagnon sur le bassin.
Observons-le :Tu es assise sur ta chaise et l'ennui des longues heures de surveillance commence à peser sur ton morale. C'est alors qu'il survient. Comme s'il avait senti que son moment était venu de te distraire ! Il se pointe face à toi de la façon la plus rigolote qui soit . Une successions de petits vols stationnaires animés de démarrages fulgurant… Sa tête rigolote toujours tournée vers toi. Enfin il fini par se positionner face à ton nez . C'est en général sont point de repère à lui. Et c'est là que, victime de ton instinct le plus primaire et irraisonné tu le chasses en hurlant à la cantonade
« attention y'a des guêpes tueuses qui nous attaquent ». Mais non, calmons nous, voilà un étranger qui ne te veut que du bien. Tiens, as tu remarqué comme ce mot « ETRANGER » était significatif dans sa construction. Parler d'un « étranger », allez à « l'étranger »…Dés le départ on préjuge du personnage ou du lieu comme étant quelqu'un ou quelque chose d'étrange. Étrange par rapport à nous, à nos lieu, à notre culture... Étrange, bizarre, comme si les choses ou les gents devaient être dans notre normalité à nous pour ne pas être "étranges. Suspicion dés la nomination…Mais bon c'est comme ça ! Dans le fond c'est vrai qu'au fin fond de la jungle les rencontres entre civilisations et cultures différentes doivent amener logiquement à cette constatation de l'étrangeté réciproque…Mais bon!
Revenons à notre ami le Syphe. Il t' aime naturellement. Il ne se serait pas donné la peine de faire vibrer ses ailes à des vitesses vertigineuses, uniquement pour se faire traiter de guêpes par ton inculture.…Mais tout de même, par une espèce d'anticipation prudente il reste sur ses gardes… Dans son monde on ne décide pas qui pourrait être bon ou pourrait être méchant. On teste avant, avec sympathie, mais avec beaucoup de prudence.
Alors, de ton coté, maintenant que tu sais que tu ne risque rien, fait ton premier pas. Celui qui te mèneras à une belle rencontre : Tends-lui la main. Le dos de la main (cela t' éviteras de commettre l'irréparable écrasement en cas de panique) et ne bouge plus. Attentif, il observe cette large piste d'atterrissage. Il s'approche…fait quelques faux départs pour mieux revenir, s'avance plus prés encore, et s'il ressent, venant de ta part, les bonnes vibrations qu'il attend, il se posera délicatement sur ta peau.
La première phase est terminée, tu viens de lier une nouvelle connaissance. Mais les choses ne sont pas finies. Observe le bien et regarde ces ailes : elles sont perpendiculaires à son corps. Cela veut dire : « salut à toi, mais on n'a pas gardé les abeilles ensemble tout de même ! Je te connais pas vraiment et si tu bronche un tant soit peu je me casse pour ne plus revenir !»
Laisse le s'habituer à toi, ne bouge pas et parle-lui. Dis lui les mots de bien venus et tu verras que très vite ces ailes viendront se ranger bien tranquillement le long de son corps. Là, seulement tu te seras fait un nouvel ami. Un nouvel ami d'une grande fidélité comme tu le constateras les jours suivant…
Beaucoup d'utilisateurs de la piscine du Bleymard on remarqués la propension de leur MNS à parler tout seul, un peu comme s'il parlait à un ami invisible. Sans doute se sont t'il demandé si leur sécurité était mise dans les bonnes mains…
Voilà pour aujourd'hui ; le PH est de 7,5, le chlore de 3,8 et l'eau est à 27.
Bonne baignade.
Salut ma fille... La semaine prochaine ou je ne sais pas quand..."Le Bouddha"
*************

Chronique le Bouddha
Le matin j'aime arriver assez tôt à la piscine. Le vallon de « la Combe Sourde » est à ce moment un espace un peu hors du temps . La rivière, entre les Frênes, murmure et ne s'est pas arrêtée de couler durant la nuit. Étant gamin j'imaginais le contraire... Les rivières, dans leur lit, devaient s'endormir comme moi dans le mien…et d'ailleurs je suis toujours tenté de le croire aujourd'hui encore !
Chaque matin un léger voile de brume tissé par les elfes survole les épis un peu courbés des Épilobes. Quand à la rosée, elle s'est amusée à emperler les toiles tremblantes des araignées transis. Ce vallon est une source de contemplation sereine…et apaisante.
Les matin sont toujours des moments un peu magique. La piscine est comme un bateau à quai. On entend le ronronnement étouffé des machines, l'eau est d'une limpidité parfaite, les plages sont nickel. Mes alliés les plus fidèles, ces fantastiques travailleuses que sont les Fourmis ont parfaitement nettoyé les restant des goûters et autres bouts de chocolat, BN et miettes de tartelette framboise, laissés par la population humaine de la veille. Tout est ok, je vais pouvoir nettoyer mon bassin dans le calme et la tranquillité.
Mais ce matin, une surprise m'attends dans le fond du bassin !
Sous la surface à peine ridée, le fond se dessine presque immaculé…sauf, là bas, au centre ou la profondeur est la plus grande… Une chose sans forme fait une tache sombre sur le fond du bassin. Je suis habitué à trouver des traces du passage nocturne des passagers clandestins. En général se sont des serviettes oubliées, un slip, des mégots…mais là, « la chose » est inhabituelle et semble m'attendre !
Bon, et ben faut y aller. Je me mets en maillot de bain. L'air du petit matin n'engage pas à la baignade mais…bon !
Ca y est, j'ajuste mes lunettes, je me laisse couler,. L'eau est douce . Je fais un plongée-canard et je file à la rencontre de « la chose ».
Pour ce qui est d'une rencontre, s'en est une !
Je ne m'attendais pas à ça. Franchement. Je pensais à une pierre, des feuilles, à tout… mais pas à ça. La surprise est telle que, avant même de tendre la main pour me saisir, de « la chose » je remonte à la surface reprendre mon souffle un peu coupé…
Qu'est ce que c'est que ce truc ? Avant de replonger, je regarde les alentour du bassin afin de tenter de surprendre quelques espiègles malicieux qui auraient manigancé quelque…mais non tout est calme.
Je replonge, descend, louvoie en ondulant et me retrouve à 2m de fond dans un face à face surréaliste.
Je suis face à Bouddha.
Un Bouddha rigolard, bedonnant, assis en tailleur et qui me regarde droit dans les yeux.
J'ose avancer la main et le saisir. Je le serre, craignant un événement surnaturel…et je remonte.
La statuette est en ivoire (ou faux ivoire j'ai pas vérifié)mesure une vingtaine de cms de haut. Elle est très belle. Parfaitement ciselée et proportionnée. Dans le bassin elle était posée exactement au centre et bien assise sur son socle.
Toute ma vie j'ai fais chier mon entourage avec mon coté cartésien intégriste... Je suis plus athée qu'un poulet d'élevage industriel…et pourtant… Ce Bouddha je l'ai posé sur un meuble, face à ma porte d'entrée comme un ami Bouddhiste me l'a recommandé !
Je n'ai jamais eu l'explication de la présence de ce Bouddha à la piscine. De nombreuses fois j'ai pensé le prendre et le lancer moi-même dans l'eau pour voir, pour constater, si vraiment il pouvait se reposer comme ça bien droit, bien rigolard…à cet endroit là ! Mais je ne l'ai jamais fais. Je n'ai jamais osé.
Un jour une amie m'a dit :
« c'est comme ça Bouddha, on le reçoit sans l'avoir demandé, sans le chercher. Il t'attendait... ».
Bon.
Salut Margaux...la prochaine on parle "Moineau"
*****

Chronique Les moineaux
Premiers arrivés, derniers partis.
Description et comportement :
Donnez leur l'âge que vous voulez, le prénom, l'origine, peu importe, ils deviennent moineaux dés qu'ils savent reconnaître un autre moineau comme eux, et qu'ainsi, de piaf en piaf ils finissent par former un groupe, une bande, un vol de moineaux.
Le moineau résiste à tout :
Au froid : Il est capable de rentrer dans l'eau à 13h30, et sans en être sorti plus de 3mn, d'en sortir à 19h. Il arbore alors, une jolie couleur bleutée. Ces lèvres violacées et ses yeux injectés d'un rouge inquiétant lui donnent un aspect fragile. Mais ne vous y trompez pas, les tremblements de tout son corps n'influent en rien sur sa détermination à plonger, replonger et re-replonger dans une eau qui pourrait très bien être glacée.
Il lui arrive même, alors que tous les humains normalement constitués refuseraient à l'unanimité de s'immerger dans une eau totalement glacée, de pousser son cri de guerre préféré « ouaaaa trop bonne » !
Le moineau n'est pas un volatile comme les autres…
Ils communiquent par hurlements. Il est parfaitement capable d'entretenir une conversation avec les autres moineaux dans une ambiance sonore frisant les 120 décibels.
Les sons proférés par sa gorge sont souvent or proportion d'avec le flux logique d'air lui sortant des poumons. C'est souvent aigu. C'est toujours d'un aigu à vous glacer le sang. C'est irraisonnablement aigu.
La mue du moineau male est une grande délivrance pour son entourage mais c'est aussi son entrée dans un autre monde…celui des merles, mais cela est une autre histoire.
Le moineau est un charmant Allienne…
A la peur : Rien n'arrête le vol des moineaux. Pas même le plongeon « tête la première » dans les 20cm d'eau de la pataugeoire.
Il est susceptible de vous faire 2 saltos arrières du haut d'un plongeoir de 3m, d'aller chercher un « Monstre-Transformer » dans la fosse à plongeon de 3.80m, de se fritter avec des ados-constrictors sortis tout droit d'un jeu vidéo d'épouvante…Le tout avec un air de rien !
Même pas peur !
Le moineau est un oiseau typiquement associal…
A la fatigue : Le moineau ne peut concevoir l'immobilisme (à la piscine). Aucune pile fut elle alcaline ou nucléaire ne pourrait contenir l'énergie emmagasinée dans un moineau…
Le moineau, en un après midi est capable de faire l'équivalent de 300 pompes, de 600 flexions-extentions, 2h ininterrompues d'abdos et une quantité inimaginable de mouvements totalement désordonnés, décoordonnés et inclassifiable sur le plan esthétiques ou simplement gymnatistique….
Et même après la fermeture de la piscine, vous pourrez les apercevoir disparaître au bout de la rue, se poursuivant en courant, en vélo, en roue arrière…en…
Le moineau est un oiseau épuisant…
Pas gêné: Ne vous y trompez pas, malgré sont jeune age, le moineau mate et apprécie les belles silhouettes…
Il connaît les bons coins, les bonnes occas. Il sait transformer le hasard en opportunité…
Il peut avoir l'arrogance et le machisme de ses aînés sans que l'on comprenne vraiment le but poursuivi…
Haut comme trois bâtons de Miko, large comme une épingle à cheveux et épais comme une conscience d'huissier, il te mate, goguenard, les mains aux hanches…mais tout de même prêt à détaller fissa au cas ou.... Parce que dans le fond, le moineau a parfaitement conscience de ce qu'il est…et de ce qu'il deviendra demain.
Le moineau est un drôle d'oiseau.
Une certaine année je me suis amusé à écrire des petites chroniques à la piscine du Bleymard. Tu n'était pas là pour égayer mes après midi mais j'ai la chance de savoir et de pouvoir m'évader comme je l'entends…
Je me suis dis que je pouvais bien te les livrer sur ton blog…comme ça, pour que tu ressente si tu en a le cœur et l'envie, de quoi est fait ton papa.
Alors je te mettrai ces petites chroniques sur cet article

Les Syphes
Le piscine du Bleymard c'est un peu aux piscines municipales ce que serait pour la marine un chalutier breton à un porte avion.
Certains diraient une marre, une flaque, un pateaugeon...!
Moi je dis un fragment de mer, une échappée maritime en Lozère ! Bien entendu, pas les vagues, pas le sel, pas les mouettes, pas trop le sable non plus, mais le bleu y est et puis les mots magiques aussi, ceux qui chantent l'été : les plages, la baignade, « elle est froide »,
« elle est trop bonne », les parasols, les glaces en bâton, les traces des pieds mouillés sur les margelles brûlantes (parfois) …!
La piscine du Bleymard depuis cette année (2006) est gratuite ! Et oui, pas deux euro, pas même un . Zéro. Ici dorénavant c'est rasage gratis . Mais justement parce que c'est « gratis » ben t'as plus la mousse qui calme et adoucit la lame. C'est le rasage brut. La piscine c'est pareil. C'est gratuit, mais le service va avec la gratuité. Service minimum, plus de caissière. La caissière s'était l'accueil, les wc toujours bien propre, le sol rincé et pas glissant, les petites attentions sympas : garder la montre, les médailles précieuses. Maintenant c'est : « ce lieu et sa propreté sont sous la responsabilité du public ». L'autogestion en terme de propreté, y'a qu'à voir ce que cela donne sur les aires de stationnement au bord des routes…
Mais basta…c'est comme ça !
Pour commencer ces chroniques je voudrais rendre un hommage sincère à mes petits compagnons estivaux. J'ai nommé les Syphes. Tu sais, ces petits hyménoptères charmants, (évoqués par Verlaine dans je ne sais plus quel poème) qui te font bondir et crier « attention une guêpe ». Certains en ont la couleur, l'allure, mais n'en sont pas . Bien au contraire, le Syphe est un petit animal du genre insecte totalement dépourvu d'agressivité (en aurait t'il qu'il n'en serait pas moins inoffensif puisque dépourvu de dard).
Comme le serait un chat ou un chien, il est mon plus fidèle compagnon sur le bassin.
Observons-le :Tu es assise sur ta chaise et l'ennui des longues heures de surveillance commence à peser sur ton morale. C'est alors qu'il survient. Comme s'il avait senti que son moment était venu de te distraire ! Il se pointe face à toi de la façon la plus rigolote qui soit . Une successions de petits vols stationnaires animés de démarrages fulgurant… Sa tête rigolote toujours tournée vers toi. Enfin il fini par se positionner face à ton nez . C'est en général sont point de repère à lui. Et c'est là que, victime de ton instinct le plus primaire et irraisonné tu le chasses en hurlant à la cantonade
« attention y'a des guêpes tueuses qui nous attaquent ». Mais non, calmons nous, voilà un étranger qui ne te veut que du bien. Tiens, as tu remarqué comme ce mot « ETRANGER » était significatif dans sa construction. Parler d'un « étranger », allez à « l'étranger »…Dés le départ on préjuge du personnage ou du lieu comme étant quelqu'un ou quelque chose d'étrange. Étrange par rapport à nous, à nos lieu, à notre culture... Étrange, bizarre, comme si les choses ou les gents devaient être dans notre normalité à nous pour ne pas être "étranges. Suspicion dés la nomination…Mais bon c'est comme ça ! Dans le fond c'est vrai qu'au fin fond de la jungle les rencontres entre civilisations et cultures différentes doivent amener logiquement à cette constatation de l'étrangeté réciproque…Mais bon!
Revenons à notre ami le Syphe. Il t' aime naturellement. Il ne se serait pas donné la peine de faire vibrer ses ailes à des vitesses vertigineuses, uniquement pour se faire traiter de guêpes par ton inculture.…Mais tout de même, par une espèce d'anticipation prudente il reste sur ses gardes… Dans son monde on ne décide pas qui pourrait être bon ou pourrait être méchant. On teste avant, avec sympathie, mais avec beaucoup de prudence.
Alors, de ton coté, maintenant que tu sais que tu ne risque rien, fait ton premier pas. Celui qui te mèneras à une belle rencontre : Tends-lui la main. Le dos de la main (cela t' éviteras de commettre l'irréparable écrasement en cas de panique) et ne bouge plus. Attentif, il observe cette large piste d'atterrissage. Il s'approche…fait quelques faux départs pour mieux revenir, s'avance plus prés encore, et s'il ressent, venant de ta part, les bonnes vibrations qu'il attend, il se posera délicatement sur ta peau.
La première phase est terminée, tu viens de lier une nouvelle connaissance. Mais les choses ne sont pas finies. Observe le bien et regarde ces ailes : elles sont perpendiculaires à son corps. Cela veut dire : « salut à toi, mais on n'a pas gardé les abeilles ensemble tout de même ! Je te connais pas vraiment et si tu bronche un tant soit peu je me casse pour ne plus revenir !»
Laisse le s'habituer à toi, ne bouge pas et parle-lui. Dis lui les mots de bien venus et tu verras que très vite ces ailes viendront se ranger bien tranquillement le long de son corps. Là, seulement tu te seras fait un nouvel ami. Un nouvel ami d'une grande fidélité comme tu le constateras les jours suivant…
Beaucoup d'utilisateurs de la piscine du Bleymard on remarqués la propension de leur MNS à parler tout seul, un peu comme s'il parlait à un ami invisible. Sans doute se sont t'il demandé si leur sécurité était mise dans les bonnes mains…
Voilà pour aujourd'hui ; le PH est de 7,5, le chlore de 3,8 et l'eau est à 27.
Bonne baignade.
Salut ma fille... La semaine prochaine ou je ne sais pas quand..."Le Bouddha"
*************

Chronique le Bouddha
Le matin j'aime arriver assez tôt à la piscine. Le vallon de « la Combe Sourde » est à ce moment un espace un peu hors du temps . La rivière, entre les Frênes, murmure et ne s'est pas arrêtée de couler durant la nuit. Étant gamin j'imaginais le contraire... Les rivières, dans leur lit, devaient s'endormir comme moi dans le mien…et d'ailleurs je suis toujours tenté de le croire aujourd'hui encore !
Chaque matin un léger voile de brume tissé par les elfes survole les épis un peu courbés des Épilobes. Quand à la rosée, elle s'est amusée à emperler les toiles tremblantes des araignées transis. Ce vallon est une source de contemplation sereine…et apaisante.
Les matin sont toujours des moments un peu magique. La piscine est comme un bateau à quai. On entend le ronronnement étouffé des machines, l'eau est d'une limpidité parfaite, les plages sont nickel. Mes alliés les plus fidèles, ces fantastiques travailleuses que sont les Fourmis ont parfaitement nettoyé les restant des goûters et autres bouts de chocolat, BN et miettes de tartelette framboise, laissés par la population humaine de la veille. Tout est ok, je vais pouvoir nettoyer mon bassin dans le calme et la tranquillité.
Mais ce matin, une surprise m'attends dans le fond du bassin !
Sous la surface à peine ridée, le fond se dessine presque immaculé…sauf, là bas, au centre ou la profondeur est la plus grande… Une chose sans forme fait une tache sombre sur le fond du bassin. Je suis habitué à trouver des traces du passage nocturne des passagers clandestins. En général se sont des serviettes oubliées, un slip, des mégots…mais là, « la chose » est inhabituelle et semble m'attendre !
Bon, et ben faut y aller. Je me mets en maillot de bain. L'air du petit matin n'engage pas à la baignade mais…bon !
Ca y est, j'ajuste mes lunettes, je me laisse couler,. L'eau est douce . Je fais un plongée-canard et je file à la rencontre de « la chose ».
Pour ce qui est d'une rencontre, s'en est une !
Je ne m'attendais pas à ça. Franchement. Je pensais à une pierre, des feuilles, à tout… mais pas à ça. La surprise est telle que, avant même de tendre la main pour me saisir, de « la chose » je remonte à la surface reprendre mon souffle un peu coupé…
Qu'est ce que c'est que ce truc ? Avant de replonger, je regarde les alentour du bassin afin de tenter de surprendre quelques espiègles malicieux qui auraient manigancé quelque…mais non tout est calme.
Je replonge, descend, louvoie en ondulant et me retrouve à 2m de fond dans un face à face surréaliste.
Je suis face à Bouddha.
Un Bouddha rigolard, bedonnant, assis en tailleur et qui me regarde droit dans les yeux.
J'ose avancer la main et le saisir. Je le serre, craignant un événement surnaturel…et je remonte.
La statuette est en ivoire (ou faux ivoire j'ai pas vérifié)mesure une vingtaine de cms de haut. Elle est très belle. Parfaitement ciselée et proportionnée. Dans le bassin elle était posée exactement au centre et bien assise sur son socle.
Toute ma vie j'ai fais chier mon entourage avec mon coté cartésien intégriste... Je suis plus athée qu'un poulet d'élevage industriel…et pourtant… Ce Bouddha je l'ai posé sur un meuble, face à ma porte d'entrée comme un ami Bouddhiste me l'a recommandé !
Je n'ai jamais eu l'explication de la présence de ce Bouddha à la piscine. De nombreuses fois j'ai pensé le prendre et le lancer moi-même dans l'eau pour voir, pour constater, si vraiment il pouvait se reposer comme ça bien droit, bien rigolard…à cet endroit là ! Mais je ne l'ai jamais fais. Je n'ai jamais osé.
Un jour une amie m'a dit :
« c'est comme ça Bouddha, on le reçoit sans l'avoir demandé, sans le chercher. Il t'attendait... ».
Bon.
Eau bénite 27° et tout et tout...
Pouvez venir marcher sur l'eau en parfaite plénitude... Je ne m'étonnerai de rien ces jours ci.
Pouvez venir marcher sur l'eau en parfaite plénitude... Je ne m'étonnerai de rien ces jours ci.
Salut Margaux...la prochaine on parle "Moineau"
*****

Chronique Les moineaux
Premiers arrivés, derniers partis.
Description et comportement :
Donnez leur l'âge que vous voulez, le prénom, l'origine, peu importe, ils deviennent moineaux dés qu'ils savent reconnaître un autre moineau comme eux, et qu'ainsi, de piaf en piaf ils finissent par former un groupe, une bande, un vol de moineaux.
Le moineau résiste à tout :
Au froid : Il est capable de rentrer dans l'eau à 13h30, et sans en être sorti plus de 3mn, d'en sortir à 19h. Il arbore alors, une jolie couleur bleutée. Ces lèvres violacées et ses yeux injectés d'un rouge inquiétant lui donnent un aspect fragile. Mais ne vous y trompez pas, les tremblements de tout son corps n'influent en rien sur sa détermination à plonger, replonger et re-replonger dans une eau qui pourrait très bien être glacée.
Il lui arrive même, alors que tous les humains normalement constitués refuseraient à l'unanimité de s'immerger dans une eau totalement glacée, de pousser son cri de guerre préféré « ouaaaa trop bonne » !
Le moineau n'est pas un volatile comme les autres…
Au bruit : Résistance suprême.
Lui-même émet des sons. Ils communiquent par hurlements. Il est parfaitement capable d'entretenir une conversation avec les autres moineaux dans une ambiance sonore frisant les 120 décibels.
Les sons proférés par sa gorge sont souvent or proportion d'avec le flux logique d'air lui sortant des poumons. C'est souvent aigu. C'est toujours d'un aigu à vous glacer le sang. C'est irraisonnablement aigu.
La mue du moineau male est une grande délivrance pour son entourage mais c'est aussi son entrée dans un autre monde…celui des merles, mais cela est une autre histoire.
Le moineau est un charmant Allienne…
A la peur : Rien n'arrête le vol des moineaux. Pas même le plongeon « tête la première » dans les 20cm d'eau de la pataugeoire.
Il est susceptible de vous faire 2 saltos arrières du haut d'un plongeoir de 3m, d'aller chercher un « Monstre-Transformer » dans la fosse à plongeon de 3.80m, de se fritter avec des ados-constrictors sortis tout droit d'un jeu vidéo d'épouvante…Le tout avec un air de rien !
Même pas peur !
Le moineau est un oiseau typiquement associal…
A la fatigue : Le moineau ne peut concevoir l'immobilisme (à la piscine). Aucune pile fut elle alcaline ou nucléaire ne pourrait contenir l'énergie emmagasinée dans un moineau…
Le moineau, en un après midi est capable de faire l'équivalent de 300 pompes, de 600 flexions-extentions, 2h ininterrompues d'abdos et une quantité inimaginable de mouvements totalement désordonnés, décoordonnés et inclassifiable sur le plan esthétiques ou simplement gymnatistique….
Et même après la fermeture de la piscine, vous pourrez les apercevoir disparaître au bout de la rue, se poursuivant en courant, en vélo, en roue arrière…en…
Le moineau est un oiseau épuisant…
Pas gêné: Ne vous y trompez pas, malgré sont jeune age, le moineau mate et apprécie les belles silhouettes…
Il connaît les bons coins, les bonnes occas. Il sait transformer le hasard en opportunité…
Il peut avoir l'arrogance et le machisme de ses aînés sans que l'on comprenne vraiment le but poursuivi…
Haut comme trois bâtons de Miko, large comme une épingle à cheveux et épais comme une conscience d'huissier, il te mate, goguenard, les mains aux hanches…mais tout de même prêt à détaller fissa au cas ou.... Parce que dans le fond, le moineau a parfaitement conscience de ce qu'il est…et de ce qu'il deviendra demain.
Le moineau est un drôle d'oiseau.
Eau tendresse ce jours 29°
Ph et Chl tout en finesse.
Pourquoi hésiter?

Chronique . Le crime parfait ou les sauterelles.
Je ne sais pas à quoi correspondait l'année 2006 au calendrier Chinois : cochon, vaux, vache, couvée… !
Ici au Bleymard et particulièrement à la piscine, l'année était aux
« Orthoptères »…ceci dit pour les savants. Mais pour ceux qui se tapent des nominations complexes on dira des Sauterelles et voilà…
Cette Sauterelles n'a rien à voir avec les pin up qui accourent en masse dans ma piscine.
Notre sauterelle est plutot du genre Orthoptère de la famille des tettigoniidéa…oui bon, on s'en tape aussi !
A première vue, elle n'a rien pour inspirer une quelconque sympathie. Elle est terne, raide, caparaçonner comme un chevalier chinois un peu ridicule, elle se déplace au sol à la manière d'un char d'assaut. Aucune élégance, aucun style…pataude. Mais que survienne un danger et…tchac, c'est par un bon de plus de 50 fois sa taille qu'elle se projettera à bonne distance de l'importun, laissant entrevoir l'espace de quelques secondes une superbe éclaboussure rouge, orange ou bleu qu'elle cachait sous ses ailes.
Mais mon propos n'est pas de faire un exposé d'entomologie sur l'insecte.
Moi, c'est son comportement qui m' a laissé perplexe!
Tout d'abord à certaine période estivales, à la piscine, sur les plages, des sauterelles il y en avait du matin au soir, des centaines, voir des milliers. Elles arrivaient des prairies environnantes un peu comme si la piscine était devenue leur Mecque. Cela fusait à droite, à gauche avec de petits crépitements de brindille de bois sec écrasé.
En vue aérienne, cela avait quelque chose de saisissant toutes ces bestioles à ressort qui sautillaient, cloquediquaient, toutes tournées vers le même objectif : Atteindre l'eau, y sauter et… s'y noyer ! Plongeon dans l'absurde, ultime saut dont la figure aérienne, gymnique, était leur dernier salut à ce monde…
En effet, quoi de plus absurde que ce voyage dont le terme était d' un non sens absolu ? La noyade ! Je ne voyais aucune explication à cela.
Pourquoi toutes ces sauterelles qui portent en elles un des pédigrés les plus chargés chez les êtres vivants, qui ont tout vécu sur cette planète: les glaciations, la sécheresse, les inondations, qui ont survécu là où les dinosaures, eux, n'ont pas su le faire. Elles qui sont capables de nous mettre à sac un pays entier juste à vilains coups de mandibules et à condamner à la famine des populations entières…Pourquoi viennent t'elles là, à mes pieds, mettre fin à leur misérable vie de sauteuses capricieuses ? Succomber à leur mauvaise conscience ? Échapper à encore pire que la noyade ? Non, pas sérieux tout ça ! Dans leur ensemble les sauterelles sont de paisibles insectes qui n'ont rien avoir avec les voraces Crickets destructeurs…
Pourtant, posées à la surface de l'eau elles ne se débattent pas. Elles attendent la mort dans une absolue résignation. Et leurs cadavres continuent de remplir les skimers et de tapisser le fond du bassin.
En définitive et par facilité, j'ai fini par me persuader qu'il n'y avait pas d'autre raison à cette manifestation morbide…que la connerie. Pour moi, les sauterelles sont devenues le symbole même de la connerie. Ce qui, entre nous soit dit, m'a bien arrangé, parce que dés lors j'ai pu changer la formule « con comme la lune » qui ne me convenait pas vraiment (trop de respect pour la Lune) par celle beaucoup plus en adéquation avec mes observations
« con comme une sauterelle ». Tout allait bien ainsi.
Hélas…il n'y a pas une dizaine de jours, un homme-savant parlant à la radio a tout remit en question (c'est chaque fois pareille…ces gent là vous refont le monde sans tenir compte de votre équilibre et des repères que vous avez eu tant de mal à inscrire dans votre petit patrimoine culturel personnel)
Explication : Il manquera sûrement des éléments que je n'ai pas encore eu le temps d'aller chercher sur Internet ou dans ma petite biblio. Je te la livre telle que je l'ai saisi au vol des ondes …
En fait, la sauterelle est victime d'une agression. Il n'y a pas suicide. Il y a crime.
Et aucun Poirot, Poulpe ou Maigret n'auraient pu déjouer ou découvrir la trame criminelle qui se joue à l'intérieur même de la victime.
L'assassin, un ver minuscule, au point de se dissimuler à l'intérieur de la tête de la sauterelle, est là, attendant son moment. Il va, l'immonde, secréter une espèce d'hormone ou de phérormone qui va agir de la façon la plus pervers sur le cerveau de notre sauterelle. L'arme du crime est …une molécule !
Imagine : Cette sensation, ce sentiment, cette pulsion t' incitant à te hisser jusqu'au plus haut du clocher de ta paroisse, et t' ayant convaincu que tu étais une cigogne… t' « ordonne » de prendre ton envol… !
Ridicule et mortelle situation…A coup sur… !
Et pourtant c'est exactement ce qui va se passer chez la sauterelle. La phérormone créera chez notre sauteuse un irrépressible besoin de trouver de l'eau, de s'y tremper et bien évidemment de s'y noyer… !
Le but est atteint. Le crime consommé. L'assassin peut passer à la deuxième phase de son plan machiavélique…se reproduire.
Et oui, encore une histoire de copulation compliquée, encore une perversion au-delà de l'imaginable. Tuer pour vivre. Tuer pour se reproduire.
Les vers tueurs s'étant acquittés de leur tache assassine, pourront ainsi se retrouver dans le milieu favorable à leur reproduction…
…Et tout cela dans ma toute petite piscine, au milieu du monde des humains qui ne se doutent pas une seconde des enjeux incroyables qui se jouent autour d'eux…
Dans une même sinistre et criminelle attitude, il ne faut pas oublier la fourmi…Et oui, juste là, autour de la piscine, ces prairies fleuries ou broutent une dizaine de jolis moutons…là aussi se jouent des drames terribles. La fourmi atteinte au cœur même de son cerveau, dans les neurone même de sa volonté, par un ver microscopique mais à la perversion mégalomaniaque…Cette fourmi va être
« dirigée » vers le haut des herbes…Elle ne saura pas d'ou lui vient cette envie pressente, ce désir irraisonné de gravir les plus hautes herbes, d'en atteindre le sommet et d'y attendre… Attendre quoi ? Tout simplement y attendre d'y être
« broutée » par un mouton. C'est le plan machiavélique encore, du ver implanté dans le cerveau de la pauvre fourmi…La faire monter le plus haut possible dans les herbes afin d'avoir le plus de chance possible d'être mangé par un mouton. Cheval de Troie infiltré dans la boyasse de l'ovidé, le ver n'aura plus qu'à se diriger vers le foie ou il pourra se reproduire…etc
Bon, voilà mes premiers baigneurs…le bêlement des moutons, le crépitement des sauterelles seront bientôt englouti par les cris
« wouaaa trop bonne la flotte »…
Mais quand même, cet aprém' je regarde pas les choses avec autant de sérénité que d'habitude…
…et puis, tiens, tiens…ces vers un peu pervers (voir beaucoup quand même) ne nous démontreraient t'ils pas ce qu'est la "manipulation mentale"? Faire croire que...pour une raison et un résultat bien précis?
Faudra que je t'explique un de ces jours comment certains humains un peu malades, arrivent de la façon la plus talentueuse aussi, au même résultat que les vers…
Aujourd'hui piscine: ph 7,2 (parfait) chl pataugeoire 2,5 transparence parfaite . Les chiens ne sont toujours pas admis. Les chats si. et l'entrée...toujours gratuite.
Bonne baignade.
Ben dis donc ma fille cela va t'en faire de la lecture...et pas qu'à toi j'en suis sur...
Mais vois tu, ce que j'écris c'est tout ce que j'aurai aimé que tu reçoive de ton papa...et je crois bien que c'est loin d'être fini!
Bon et puis on a le temps hein?
Ton papa qui t'aime
La leçon de natation va avec l'été, la mer, la piscine et le cauchemar des gamins…Souvent. Parfois. Pas toujours.
J'ai toujours eu une certaine tendresse pour les p'tits-bouts condamnés à la pire des tortures qui se puisse être: Etre plongé dés le réveil, les rêves même pas encore sorties du regard, dans l'eau chlorée et froide d'une piscine juste ouverte pour eux... Réveillés tôt le matin(c'est les vacances…merde ! ), pas droit au chocolat à cause de la digestion (quelle connerie), arriver sur le lieu du sacrifice, le bassin aussi grand et menaçant qu'un océan sans limite, pieds nus sur la pierre à meuler râpeuse des plages, frissons, angoisse, odeur de javel…douche obligatoire et le pire, la confrontation avec le géant sadique qui ne rêve que d'une chose : Faire des ricochets avec ta petite personne…et t' envoyer atterrir sur
« l'île aux Milles Souffrances ». L'île des géants musclés qui te mettent la tête sous l'eau en marmonnant que « ça fait du bien, ça fait des hommes et pas des fillettes… ! » Ça , c'est pour les petits garçons…
La version fille je la connais pas. Parce qu'un p'tit homme qui a peur on lui dit « fais pas ta fille ! ». Mais une petite fille qui a peur on lui dit quoi ? ? ?
« Ah t'es bien une fille tient ! » En fait, on lui confirme ce qu'elle savait depuis longtemps déjà, mais en y ajoutant une pointe de culpabilisation en plus, bien sur ! Comment veux tu qu'elles fassent de bonnes ministres, les Miss-tresses !
Bon, puisqu'on parle de peur, je pense à ce petit minot de 6-7 ans. Petit blondinet qui arrivait tous les matins de bonne heure avec son père.
Le père, 4x4 noire bien sur, ne se garait pas au parking comme tout le monde. Il descendait le chemin avec son truc et s'arrêtait juste devant le portail de la pistache…
Il descendait avec le petit et ne lui disait pas un mot. Mais à moi, si : « fais le sauter henri hein…l'écoute pas…tu le fais sauter hein…je veux qu'il saute ! » Et il s'en allait boire son café au bistrot en bas du village.
Le minot n'en menait pas large. Il se forçait à gonfler une poitrine d'éperlan et à marcher droit pour essayer de ressembler à l'image qu'il voyait dans les yeux de son père…
Ce gamin était un vrai courageux. Un peu un héros. Il avait froid, il était contracté, il avait peur et pourtant, toujours il me regardait droit dans les yeux, il m'écoutait, il voulait devancer et ne jamais décevoir.
Un jour on s'est assis tous les deux. Et on a parlé.
Je lui ai dis que je l'admirais parce qu'il avait peur…
« non j'ai pas peur ! »
« Mais si, bien sur que tu as peur. Je le vois. Et alors ? Qu'est ce que ça peut faire ta peur puisque tu es un sacré gamin vachement courageux ! Tu sais, ceux qui n'ont pas peur – peur de rien…ils n'ont pas besoin de courage ! Sauter dans le grand bain, c'est pas un problème pour eux…C'est les mêmes qui sautent de trente mètres de haut à l'élastique en se bidonnant…Aucun intérêt ! Toi c'est différent, tu réfléchis aux problèmes que cela pourrait te poser…de sauter comme ça dans une eau que tu connais pas vraiment bien…et c'est ça qui te fait peur. Ça s'appelle l'imagination. C'est plutôt bien d'en avoir même si ça fabrique de la peur de temps en temps !
Mais toi, tu as un autre truc qu'eux n'ont pas. C'est ta machine à courage. Tu sais très bien la mettre en marche et t'en servir quand il faut. C'est elle qui te permet de passer au-dessus de ta peur et c'est pour ça que pour moi tu es un vrai courageux et c'est aussi pour ça que je t'admire. »
« Allez viens on va sauter encore une fois ! »
Il est grand aujourd'hui le petit blondinet. Il a 17 ans, il vient en mob avec ses potes ; Il saute et fait des bombes aux filles qui font semblant d'avoir peur et qui hurlent des cris stridents qui m'énervent. Mais bon, ça c'est pas le pire.
Son père maintenant l'emmène au bistrot boire des Ricards. Comme les grands !
Il a enfin trouvé « l'homme » qu'il espérait trouver 10 ans plutôt dans un enfant de 6 ou 7 ans, mais c'est plus à la piscine que se règle leurs histoire « d'homme »…c'est au comptoir…
Eau-27. Ph-7,5. Chl-3,2 et MNS 14 de tension.
Bonne baignade.
Ph et Chl tout en finesse.
Pourquoi hésiter?
Grosses bises à toi ma fille.
*****

Chronique . Le crime parfait ou les sauterelles.
Je ne sais pas à quoi correspondait l'année 2006 au calendrier Chinois : cochon, vaux, vache, couvée… !
Ici au Bleymard et particulièrement à la piscine, l'année était aux
« Orthoptères »…ceci dit pour les savants. Mais pour ceux qui se tapent des nominations complexes on dira des Sauterelles et voilà…
Cette Sauterelles n'a rien à voir avec les pin up qui accourent en masse dans ma piscine.
Notre sauterelle est plutot du genre Orthoptère de la famille des tettigoniidéa…oui bon, on s'en tape aussi !
A première vue, elle n'a rien pour inspirer une quelconque sympathie. Elle est terne, raide, caparaçonner comme un chevalier chinois un peu ridicule, elle se déplace au sol à la manière d'un char d'assaut. Aucune élégance, aucun style…pataude. Mais que survienne un danger et…tchac, c'est par un bon de plus de 50 fois sa taille qu'elle se projettera à bonne distance de l'importun, laissant entrevoir l'espace de quelques secondes une superbe éclaboussure rouge, orange ou bleu qu'elle cachait sous ses ailes.
Mais mon propos n'est pas de faire un exposé d'entomologie sur l'insecte.
Moi, c'est son comportement qui m' a laissé perplexe!
Tout d'abord à certaine période estivales, à la piscine, sur les plages, des sauterelles il y en avait du matin au soir, des centaines, voir des milliers. Elles arrivaient des prairies environnantes un peu comme si la piscine était devenue leur Mecque. Cela fusait à droite, à gauche avec de petits crépitements de brindille de bois sec écrasé.
En vue aérienne, cela avait quelque chose de saisissant toutes ces bestioles à ressort qui sautillaient, cloquediquaient, toutes tournées vers le même objectif : Atteindre l'eau, y sauter et… s'y noyer ! Plongeon dans l'absurde, ultime saut dont la figure aérienne, gymnique, était leur dernier salut à ce monde…
En effet, quoi de plus absurde que ce voyage dont le terme était d' un non sens absolu ? La noyade ! Je ne voyais aucune explication à cela.
Pourquoi toutes ces sauterelles qui portent en elles un des pédigrés les plus chargés chez les êtres vivants, qui ont tout vécu sur cette planète: les glaciations, la sécheresse, les inondations, qui ont survécu là où les dinosaures, eux, n'ont pas su le faire. Elles qui sont capables de nous mettre à sac un pays entier juste à vilains coups de mandibules et à condamner à la famine des populations entières…Pourquoi viennent t'elles là, à mes pieds, mettre fin à leur misérable vie de sauteuses capricieuses ? Succomber à leur mauvaise conscience ? Échapper à encore pire que la noyade ? Non, pas sérieux tout ça ! Dans leur ensemble les sauterelles sont de paisibles insectes qui n'ont rien avoir avec les voraces Crickets destructeurs…
Pourtant, posées à la surface de l'eau elles ne se débattent pas. Elles attendent la mort dans une absolue résignation. Et leurs cadavres continuent de remplir les skimers et de tapisser le fond du bassin.
En définitive et par facilité, j'ai fini par me persuader qu'il n'y avait pas d'autre raison à cette manifestation morbide…que la connerie. Pour moi, les sauterelles sont devenues le symbole même de la connerie. Ce qui, entre nous soit dit, m'a bien arrangé, parce que dés lors j'ai pu changer la formule « con comme la lune » qui ne me convenait pas vraiment (trop de respect pour la Lune) par celle beaucoup plus en adéquation avec mes observations
« con comme une sauterelle ». Tout allait bien ainsi.
Hélas…il n'y a pas une dizaine de jours, un homme-savant parlant à la radio a tout remit en question (c'est chaque fois pareille…ces gent là vous refont le monde sans tenir compte de votre équilibre et des repères que vous avez eu tant de mal à inscrire dans votre petit patrimoine culturel personnel)
Explication : Il manquera sûrement des éléments que je n'ai pas encore eu le temps d'aller chercher sur Internet ou dans ma petite biblio. Je te la livre telle que je l'ai saisi au vol des ondes …
En fait, la sauterelle est victime d'une agression. Il n'y a pas suicide. Il y a crime.
Et aucun Poirot, Poulpe ou Maigret n'auraient pu déjouer ou découvrir la trame criminelle qui se joue à l'intérieur même de la victime.
L'assassin, un ver minuscule, au point de se dissimuler à l'intérieur de la tête de la sauterelle, est là, attendant son moment. Il va, l'immonde, secréter une espèce d'hormone ou de phérormone qui va agir de la façon la plus pervers sur le cerveau de notre sauterelle. L'arme du crime est …une molécule !
Imagine : Cette sensation, ce sentiment, cette pulsion t' incitant à te hisser jusqu'au plus haut du clocher de ta paroisse, et t' ayant convaincu que tu étais une cigogne… t' « ordonne » de prendre ton envol… !
Ridicule et mortelle situation…A coup sur… !
Et pourtant c'est exactement ce qui va se passer chez la sauterelle. La phérormone créera chez notre sauteuse un irrépressible besoin de trouver de l'eau, de s'y tremper et bien évidemment de s'y noyer… !
Le but est atteint. Le crime consommé. L'assassin peut passer à la deuxième phase de son plan machiavélique…se reproduire.
Et oui, encore une histoire de copulation compliquée, encore une perversion au-delà de l'imaginable. Tuer pour vivre. Tuer pour se reproduire.
Les vers tueurs s'étant acquittés de leur tache assassine, pourront ainsi se retrouver dans le milieu favorable à leur reproduction…
…Et tout cela dans ma toute petite piscine, au milieu du monde des humains qui ne se doutent pas une seconde des enjeux incroyables qui se jouent autour d'eux…
Dans une même sinistre et criminelle attitude, il ne faut pas oublier la fourmi…Et oui, juste là, autour de la piscine, ces prairies fleuries ou broutent une dizaine de jolis moutons…là aussi se jouent des drames terribles. La fourmi atteinte au cœur même de son cerveau, dans les neurone même de sa volonté, par un ver microscopique mais à la perversion mégalomaniaque…Cette fourmi va être
« dirigée » vers le haut des herbes…Elle ne saura pas d'ou lui vient cette envie pressente, ce désir irraisonné de gravir les plus hautes herbes, d'en atteindre le sommet et d'y attendre… Attendre quoi ? Tout simplement y attendre d'y être
« broutée » par un mouton. C'est le plan machiavélique encore, du ver implanté dans le cerveau de la pauvre fourmi…La faire monter le plus haut possible dans les herbes afin d'avoir le plus de chance possible d'être mangé par un mouton. Cheval de Troie infiltré dans la boyasse de l'ovidé, le ver n'aura plus qu'à se diriger vers le foie ou il pourra se reproduire…etc
Bon, voilà mes premiers baigneurs…le bêlement des moutons, le crépitement des sauterelles seront bientôt englouti par les cris
« wouaaa trop bonne la flotte »…
Mais quand même, cet aprém' je regarde pas les choses avec autant de sérénité que d'habitude…
…et puis, tiens, tiens…ces vers un peu pervers (voir beaucoup quand même) ne nous démontreraient t'ils pas ce qu'est la "manipulation mentale"? Faire croire que...pour une raison et un résultat bien précis?
Faudra que je t'explique un de ces jours comment certains humains un peu malades, arrivent de la façon la plus talentueuse aussi, au même résultat que les vers…
Aujourd'hui piscine: ph 7,2 (parfait) chl pataugeoire 2,5 transparence parfaite . Les chiens ne sont toujours pas admis. Les chats si. et l'entrée...toujours gratuite.
Bonne baignade.
Ben dis donc ma fille cela va t'en faire de la lecture...et pas qu'à toi j'en suis sur...
Mais vois tu, ce que j'écris c'est tout ce que j'aurai aimé que tu reçoive de ton papa...et je crois bien que c'est loin d'être fini!
Bon et puis on a le temps hein?
Ton papa qui t'aime
La prochaine, p't'étre une histoire de glace...et de Mamie...on verra!
l*****

Chronique Les glaces ou Mamie.
Il faut les voir les minots…comment et avec quelle impatience ils attendent leurs glaces ! Un vol de moineaux dés l'ouverture de la porte vitrée!
Les glaces, tu sais ces trucs bariolés plein de colorants, remplis de E xxx ou pire de Exxxl, saturés de gélatine, de sucres, de gras… de tout ce qu'il ne faut pas mais qui est si bon, si intensément « Trop »…Quel bonheur de déchirer l'enveloppe un peu craquante et de découvrir le trésors tout givré qui exhale un parfum d'usine chimique. Moi j'adore…
Et puis les noms… :
Le Cornetto, ce cône croustillant et gaufré surmonté d'un tortillon de crème parfumée et parsemée de petits bouts de noisettes grillées. En général dans le fond du cornet, il y a une récompense… C'est le chocolat qui s'est accumulé en fondant et qu'à la fin tu peux laisser dégouliner sur ta langue.
Le Twister. Lui c'est le roi. Un entrelacé à trois parfums, plein de saveurs inconnues (et pour cause…).Il faut le mordre celui là. Dessiner la trace des dents comme dans une pomme, et laisser fondre suavement sur la langue. En général le mangeur de Twister est un jouisseur qui oublie le monde autour de lui. Il s'installe dans son coin, solitaire, imprégné, et là il prend un air absent. Tout est à l'intérieur de l'être !
Quand au Calippo c'est le grand classique de la glace à l'eau. Parfum Coca immonde (mais le préféré), orange au goût de « Véry good » et citron couleur fluo, plus citron que nature. Il demande une certaine technique si l'on veut profiter de toute sa magie. En effet il n'est rien d'autre qu'un bâton d'eau sucrée et parfumée enveloppé dans un cartonnage. Mais à bien y regarder ce cartonnage à une forme particulière… un peu conique. Le secret pour bien profiter de l'instant de grâce espéré, réside dans la manière de le déguster… ! Premièrement, bien saisir l'objet dans les deux mains afin de fondre les parois de la glace, puis au bout de 1 minute saisir le fond rétréci du cartonnage et pincer très fort…hop, la glace émerge de l'emballage au-dessus. Coups de dents ou de langue. C'est suivant les goûts.
Moi ce que j'aime dans ce phénomène des glaces c'est ce petit coté fête perso. L'œil est dans le vague, tandis que la langue, largement sortie et répandue sur ou dans la matière fondante, vient chercher la jouissance sucrée.
Le nec du spectacle étant les messieurs un peu raides, un peu sévères, pas du tout dans la rigolade, les yeux parcourant un livre chiant de finance ou autre et qui se pourlèchent les babines en tenant à la main une glace ridicule qui est un peu leur décoration du moment.
Quant au célèbre Miko, gros ou classique tout son charme réside dans le petit craquement de la carapace de chocolat qui, brisée laisse
s 'épancher une suave douceur vanillée…ou chocolatée…Même l'ayant achevé le gourmand ne peut s'empêcher de ronger le bâtonnet à la recherche des quelques milligrammes restant qui pourraient faire durer le plaisir encore quelques secondes…Ose dire que ce n'est pas vrai ?
Personnellement je m'en ferais péter la sous- ventrière de ces glaces fluo ou pas.
Et puis j'ai une immense considération pour tous ces savants-fous qui planchent tout l'hiver pour trouver de nouveaux modèles, de nouvelle formes incroyables et de nouvelles techniques pour faire des trucs insensés : Je pense à ces petites boules vertes (citron vert) qui ressemblent à des billes de roulement, enfermées dans une petite boite qui les distribue dans le fond de la main par un clapet pivotant... Génial !
Bon puisqu'on est dans la tendresse sucrée je vais finir avec un petit couple que j'aime.
Une mamie et son petit fils.
Et oui Margaux en général, du moins jusqu'à un certain age et quand rien de tordu ne vient empêcher cela, les enfants ont des grands parents, des papis, des mamies…Toi aussi tu en as.
Tu ne le savais pas ? Alors bref.
S'il y avait une image, une représentation symbolique à faire pour célébrer l'amour, la sérénité, la bonté et la tendresse, il faudrait que ce soit eux. Ce petit couple là.
Je les ai rencontré dans le village, toujours main dans la main, au pas tendre de la mamie. Il semble qu'ils aient toujours à faire quelque part. Et c'est vrai. Ils ont à être ensemble dans un monde qui doit être trop grand pour eux.
Je les ai vu arriver à la piscine. Déjà, ma toute petite piscine semblait être pour eux, un monde à elle toute seule.
« Là c'est la douche…là les toilettes et ça, les vestiaires…. Voilà, si vous avez besoin de quoique ce soit, demandez-moi… »
Dans ma voix, plein de tendresse et de protection…Je sais pas pourquoi !
Ils n'ont rien demandé. Ils avaient l'essentiel. Elle, s'est assise sur une chaise en plastique, sous un parasol, et elle n'a plus quitté son petit fils des yeux. Lui, s'est longuement assis au bord de la pataugeoire, les pieds dans l'eau. Il a observé tous les acteurs un peu bruyants, un peu remuant de ce nouveau monde, de cet étrange théâtre nautique. Puis, il s'est lâché. Il s'est même fait des copains. Et elle, elle a gardé un petit sourire éternel sur son visage de mamie. Je crois qu'elle chantonnait ! Oui j'en suis sur, elle devait murmurer une chanson qui n'existait pas.
Et puis le soir, ils sont repartis. Bien essuyé, bien propre, avec la casquette à cause du soleil.
Je vais les revoir ce soir ou demain à l'épicerie, chez le boulanger…à la pistache...j'espère! Ce sera mon petit voyage vers ma propre enfance…vers une silhouette et une petite chanson que j'ai si bien connue et tant aimé.
Allez bonne baignade.
Eau 28°
Ph tendresse et chl nostalgie
En tous les cas si tu passe par là ma fille reçoit tout l'amour que ton papa à pour toi. Et pense qu'il y a encore dans ce monde une mamie et un papi qui pense souvent et trés fort à toi.
chronique "je sais plus"
Les leçons de natation ou le vrai courage

Chronique Les glaces ou Mamie.
Il faut les voir les minots…comment et avec quelle impatience ils attendent leurs glaces ! Un vol de moineaux dés l'ouverture de la porte vitrée!
Les glaces, tu sais ces trucs bariolés plein de colorants, remplis de E xxx ou pire de Exxxl, saturés de gélatine, de sucres, de gras… de tout ce qu'il ne faut pas mais qui est si bon, si intensément « Trop »…Quel bonheur de déchirer l'enveloppe un peu craquante et de découvrir le trésors tout givré qui exhale un parfum d'usine chimique. Moi j'adore…
Et puis les noms… :
Le Cornetto, ce cône croustillant et gaufré surmonté d'un tortillon de crème parfumée et parsemée de petits bouts de noisettes grillées. En général dans le fond du cornet, il y a une récompense… C'est le chocolat qui s'est accumulé en fondant et qu'à la fin tu peux laisser dégouliner sur ta langue.
Le Twister. Lui c'est le roi. Un entrelacé à trois parfums, plein de saveurs inconnues (et pour cause…).Il faut le mordre celui là. Dessiner la trace des dents comme dans une pomme, et laisser fondre suavement sur la langue. En général le mangeur de Twister est un jouisseur qui oublie le monde autour de lui. Il s'installe dans son coin, solitaire, imprégné, et là il prend un air absent. Tout est à l'intérieur de l'être !
Quand au Calippo c'est le grand classique de la glace à l'eau. Parfum Coca immonde (mais le préféré), orange au goût de « Véry good » et citron couleur fluo, plus citron que nature. Il demande une certaine technique si l'on veut profiter de toute sa magie. En effet il n'est rien d'autre qu'un bâton d'eau sucrée et parfumée enveloppé dans un cartonnage. Mais à bien y regarder ce cartonnage à une forme particulière… un peu conique. Le secret pour bien profiter de l'instant de grâce espéré, réside dans la manière de le déguster… ! Premièrement, bien saisir l'objet dans les deux mains afin de fondre les parois de la glace, puis au bout de 1 minute saisir le fond rétréci du cartonnage et pincer très fort…hop, la glace émerge de l'emballage au-dessus. Coups de dents ou de langue. C'est suivant les goûts.
Moi ce que j'aime dans ce phénomène des glaces c'est ce petit coté fête perso. L'œil est dans le vague, tandis que la langue, largement sortie et répandue sur ou dans la matière fondante, vient chercher la jouissance sucrée.
Le nec du spectacle étant les messieurs un peu raides, un peu sévères, pas du tout dans la rigolade, les yeux parcourant un livre chiant de finance ou autre et qui se pourlèchent les babines en tenant à la main une glace ridicule qui est un peu leur décoration du moment.
Quant au célèbre Miko, gros ou classique tout son charme réside dans le petit craquement de la carapace de chocolat qui, brisée laisse
s 'épancher une suave douceur vanillée…ou chocolatée…Même l'ayant achevé le gourmand ne peut s'empêcher de ronger le bâtonnet à la recherche des quelques milligrammes restant qui pourraient faire durer le plaisir encore quelques secondes…Ose dire que ce n'est pas vrai ?
Personnellement je m'en ferais péter la sous- ventrière de ces glaces fluo ou pas.
Et puis j'ai une immense considération pour tous ces savants-fous qui planchent tout l'hiver pour trouver de nouveaux modèles, de nouvelle formes incroyables et de nouvelles techniques pour faire des trucs insensés : Je pense à ces petites boules vertes (citron vert) qui ressemblent à des billes de roulement, enfermées dans une petite boite qui les distribue dans le fond de la main par un clapet pivotant... Génial !
Bon puisqu'on est dans la tendresse sucrée je vais finir avec un petit couple que j'aime.
Une mamie et son petit fils.
Et oui Margaux en général, du moins jusqu'à un certain age et quand rien de tordu ne vient empêcher cela, les enfants ont des grands parents, des papis, des mamies…Toi aussi tu en as.
Tu ne le savais pas ? Alors bref.
S'il y avait une image, une représentation symbolique à faire pour célébrer l'amour, la sérénité, la bonté et la tendresse, il faudrait que ce soit eux. Ce petit couple là.
Je les ai rencontré dans le village, toujours main dans la main, au pas tendre de la mamie. Il semble qu'ils aient toujours à faire quelque part. Et c'est vrai. Ils ont à être ensemble dans un monde qui doit être trop grand pour eux.
Je les ai vu arriver à la piscine. Déjà, ma toute petite piscine semblait être pour eux, un monde à elle toute seule.
« Là c'est la douche…là les toilettes et ça, les vestiaires…. Voilà, si vous avez besoin de quoique ce soit, demandez-moi… »
Dans ma voix, plein de tendresse et de protection…Je sais pas pourquoi !
Ils n'ont rien demandé. Ils avaient l'essentiel. Elle, s'est assise sur une chaise en plastique, sous un parasol, et elle n'a plus quitté son petit fils des yeux. Lui, s'est longuement assis au bord de la pataugeoire, les pieds dans l'eau. Il a observé tous les acteurs un peu bruyants, un peu remuant de ce nouveau monde, de cet étrange théâtre nautique. Puis, il s'est lâché. Il s'est même fait des copains. Et elle, elle a gardé un petit sourire éternel sur son visage de mamie. Je crois qu'elle chantonnait ! Oui j'en suis sur, elle devait murmurer une chanson qui n'existait pas.
Et puis le soir, ils sont repartis. Bien essuyé, bien propre, avec la casquette à cause du soleil.
Je vais les revoir ce soir ou demain à l'épicerie, chez le boulanger…à la pistache...j'espère! Ce sera mon petit voyage vers ma propre enfance…vers une silhouette et une petite chanson que j'ai si bien connue et tant aimé.
Allez bonne baignade.
Eau 28°
Ph tendresse et chl nostalgie
En tous les cas si tu passe par là ma fille reçoit tout l'amour que ton papa à pour toi. Et pense qu'il y a encore dans ce monde une mamie et un papi qui pense souvent et trés fort à toi.
Les leçons de natation ou le vrai courage
La leçon de natation va avec l'été, la mer, la piscine et le cauchemar des gamins…Souvent. Parfois. Pas toujours.
J'ai toujours eu une certaine tendresse pour les p'tits-bouts condamnés à la pire des tortures qui se puisse être: Etre plongé dés le réveil, les rêves même pas encore sorties du regard, dans l'eau chlorée et froide d'une piscine juste ouverte pour eux... Réveillés tôt le matin(c'est les vacances…merde ! ), pas droit au chocolat à cause de la digestion (quelle connerie), arriver sur le lieu du sacrifice, le bassin aussi grand et menaçant qu'un océan sans limite, pieds nus sur la pierre à meuler râpeuse des plages, frissons, angoisse, odeur de javel…douche obligatoire et le pire, la confrontation avec le géant sadique qui ne rêve que d'une chose : Faire des ricochets avec ta petite personne…et t' envoyer atterrir sur
« l'île aux Milles Souffrances ». L'île des géants musclés qui te mettent la tête sous l'eau en marmonnant que « ça fait du bien, ça fait des hommes et pas des fillettes… ! » Ça , c'est pour les petits garçons…
La version fille je la connais pas. Parce qu'un p'tit homme qui a peur on lui dit « fais pas ta fille ! ». Mais une petite fille qui a peur on lui dit quoi ? ? ?
« Ah t'es bien une fille tient ! » En fait, on lui confirme ce qu'elle savait depuis longtemps déjà, mais en y ajoutant une pointe de culpabilisation en plus, bien sur ! Comment veux tu qu'elles fassent de bonnes ministres, les Miss-tresses !
Bon, puisqu'on parle de peur, je pense à ce petit minot de 6-7 ans. Petit blondinet qui arrivait tous les matins de bonne heure avec son père.
Le père, 4x4 noire bien sur, ne se garait pas au parking comme tout le monde. Il descendait le chemin avec son truc et s'arrêtait juste devant le portail de la pistache…
Il descendait avec le petit et ne lui disait pas un mot. Mais à moi, si : « fais le sauter henri hein…l'écoute pas…tu le fais sauter hein…je veux qu'il saute ! » Et il s'en allait boire son café au bistrot en bas du village.
Le minot n'en menait pas large. Il se forçait à gonfler une poitrine d'éperlan et à marcher droit pour essayer de ressembler à l'image qu'il voyait dans les yeux de son père…
Ce gamin était un vrai courageux. Un peu un héros. Il avait froid, il était contracté, il avait peur et pourtant, toujours il me regardait droit dans les yeux, il m'écoutait, il voulait devancer et ne jamais décevoir.
Un jour on s'est assis tous les deux. Et on a parlé.
Je lui ai dis que je l'admirais parce qu'il avait peur…
« non j'ai pas peur ! »
« Mais si, bien sur que tu as peur. Je le vois. Et alors ? Qu'est ce que ça peut faire ta peur puisque tu es un sacré gamin vachement courageux ! Tu sais, ceux qui n'ont pas peur – peur de rien…ils n'ont pas besoin de courage ! Sauter dans le grand bain, c'est pas un problème pour eux…C'est les mêmes qui sautent de trente mètres de haut à l'élastique en se bidonnant…Aucun intérêt ! Toi c'est différent, tu réfléchis aux problèmes que cela pourrait te poser…de sauter comme ça dans une eau que tu connais pas vraiment bien…et c'est ça qui te fait peur. Ça s'appelle l'imagination. C'est plutôt bien d'en avoir même si ça fabrique de la peur de temps en temps !
Mais toi, tu as un autre truc qu'eux n'ont pas. C'est ta machine à courage. Tu sais très bien la mettre en marche et t'en servir quand il faut. C'est elle qui te permet de passer au-dessus de ta peur et c'est pour ça que pour moi tu es un vrai courageux et c'est aussi pour ça que je t'admire. »
« Allez viens on va sauter encore une fois ! »
Il est grand aujourd'hui le petit blondinet. Il a 17 ans, il vient en mob avec ses potes ; Il saute et fait des bombes aux filles qui font semblant d'avoir peur et qui hurlent des cris stridents qui m'énervent. Mais bon, ça c'est pas le pire.
Son père maintenant l'emmène au bistrot boire des Ricards. Comme les grands !
Il a enfin trouvé « l'homme » qu'il espérait trouver 10 ans plutôt dans un enfant de 6 ou 7 ans, mais c'est plus à la piscine que se règle leurs histoire « d'homme »…c'est au comptoir…
Eau-27. Ph-7,5. Chl-3,2 et MNS 14 de tension.
Bonne baignade.
Salut ma "pout" (c'est comme ça que je t'appelais avant)
Hé...t'as vu? tu peux mettre un mot ou une observation ou un signe ou un indice ou rien, même un silence...tu peux si tu veux même dire à ton papa ce que tu as sur le cœur...le bien, le mal, les questionnements, bref tout. Tu peux. Si tu veux. et même si tu veux pas et bien tu peux ne faire aucun signe, aucune marque, rien. Oui, tu peux aussi n'être rien.
Mais ça, c'est trés triste!
Mais ça ne m'empêchera pas de t'aimer trés fort avec un vrai amour de vrai papa...

Chronique 6 : les pédiluves
Les pédiluves. Pédi de pied et luve de lave…Attends avant de t'enflammer et de crier « ah l'ignare ! » Moi c'est exactement comme ça que je comprenais les choses à l'époque… !
Le pédiluve donc, c'est cette flaque en général peu accueillante (eau froide et drôle d'odeur) qui est en avant-postes des barrières de protections hygiéniques des piscines. En gros, le pédiluve est aux piscines ce qu'étaient la ligne Maginot de la célèbre époque pour la France! Théoriquement infranchissable. Théoriquement.
En général, le pédiluve mesure un mètre, un mètre cinquante de long et dix à vingt centimètres de profondeur. Il occupe l'entière largeur du couloir qui mène au bassin. Un être humain moyen mettra deux à trois secondes pour le traverser (donc, nettement moins que pour traverser la manche en skis de fond).Ce qui devrait être suffisant pour que ces pieds y laissent les résidus de champignons (mycose) florissant entre ses doigts de pieds, tous microbes et autres bactéries, la prolifération de miasmes indéterminées et souvent luxuriantes et les couches de crasse accumulées depuis la dernière visite à la piscine. Au sortir de ce bassin ou la chimie et la biologie se seront affrontées dans un ultime combat moléculaire, les pieds de l'individu devraient être un champs de bataille totalement stérile… Pour le reste de son corps il y a la douche…mais c'est à chacun de voir et ce sera pour une autre chronique !
Et bien…c'est pas si simple que ça ! ! !
Etre propre, c'est pas si simple. Déjà, avant de se considérer comme « propre » il faut accepter l'idée que l'on puisse être crado. Sale naturellement, s'entend. Sale par utilisation naturel du corps. Dans tous ces sens. Sale simplement par le fait même d'exister, de vivre, d'être. C'est pas « je vis donc je suis » c'est « je vis donc je suis crade ».
Et puis enfin, c'est quoi la saleté ? C'est tout ce qui pourrait déranger les autres en fait ! Parce que nous, notre saleté, est ce qu'on ne l'aime pas un peu…est ce qu'on ne se l'entretien pas un petit peu quand même hein ? Au point d'éviter les endroits, les systèmes, les produits qui pourraient la mettre à mal… Nous l'enlever…notre saleté à nous ?
Hic, j'exagère un peu… !
Mais pas vraiment !
La preuve ?
Le pédiluve. Il faut voir, il faut avoir observé de longues heures, le défilé des humains et leur perplexité face à cette barrière « infranchissable », face à ce « Veuillez laisser votre crasse ici…vous pourrez la reprendre à la sortie ».
Il y a devant l'obligation d'en passer par ce sasse anti-crasse, comme l'émergence d'un sentiment semblable à celui du soldat vaincu, sommé de déposer ces armes ! Peut être même la crainte d'une perte de son identité… !
L'imagination de l'humain est sans borne pour tenter de passer outre cette frontière hygiénique. J'en ai surpris tentant de s'accrocher (retour à un passé lointain sentant bon son primate…) aux tuyaux d'eau du plafond et tenter ainsi une traversée désespérée. Pendu comme de gros fruits trop mur, ils ne tardaient pas de tomber au beau milieu d'une l'eau chlorée qui n'en demandait pas tant pour aller faire son travail de désinfection dans les étages supérieurs de l'individu dépité. D'autres, se prenant pour quelque Dieu ou prophète, l'air très inspiré essayaient par de savants mais maladroits entrechats de marcher sur l'eau, tandis que d'autres encore, au cul énorme, au poids dévastateur, nous faisait des pointes de petits rats de l'opéra…levant haut les bras des fois que… J'en ai vu aussi tenter des records du monde de triple sauts et finir leur course folle à plat ventre au beau milieu des plages, les doigts de pieds mutilés et le nombril mis à vif par la glissade incontrôlée…
Mais le nec, je le jure, l'affirme, je veux être changé en Tom'Pouce si je ment, oui ,la palme offerte à ceux que j'ai vu tenter d' escalader des rambardes hautes et glissantes au risque de se rompre le cou ou pour le moins une cheville, pour ne pas passer dans des pédiluves… absolument VIDES et secs. Secs, Secs, Secs…
Et ceux ci, à qui tu faisais remarquer d'un air désolé (quel autre air prendre ?) « Mais…il est vide ! » de répondre invariablement :
« oui, oui je sais mais je me baigne pas… » ! SI !
Le but de toutes ces tentatives de contournement, étant évidement de ne pas garder sa crasse pour sois, égoïstement, mais d'en faire profiter tout un chacun ! La baignade en piscine est un moment d'échange collectif ou tout se partage…n'est t'il pas ?
Le Maître Nageur dont la fonction est aussi de faire respecter quelques règles d'hygiènes, se doit d'intervenir dans ces cas là. Souvent il lui suffit de désigner du doigt le pédiluve, prendre un air un peu compréhensif, voir même laisser sentir une légère tendance à la complicité…et tout s'arrange. Mais pas toujours. Il n'y a rien de plus vexant pour une jolie nana, super sophistiquée, super apprêtée que de se faire rappeler à l'ordre par un « m'as tu vu » de Maître Nageur. Surtout si celui ci, laisse percer dans son regard un léger doute quand à la fraîcheur de pied de la donzelle ! En général la pimbêche se retranche derrière une attitude méprisante, voir hargneuse, c'est selon. De toute façon hyper vexée…
En tous les cas, le soir en boite…en cas de retrouvaille, y'a pas photo, le MNS n'aura pas la côte…
Sacré boulot !
************
Hé...t'as vu? tu peux mettre un mot ou une observation ou un signe ou un indice ou rien, même un silence...tu peux si tu veux même dire à ton papa ce que tu as sur le cœur...le bien, le mal, les questionnements, bref tout. Tu peux. Si tu veux. et même si tu veux pas et bien tu peux ne faire aucun signe, aucune marque, rien. Oui, tu peux aussi n'être rien.
Mais ça, c'est trés triste!
Mais ça ne m'empêchera pas de t'aimer trés fort avec un vrai amour de vrai papa...
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Chronique 6 : les pédiluves
Les pédiluves. Pédi de pied et luve de lave…Attends avant de t'enflammer et de crier « ah l'ignare ! » Moi c'est exactement comme ça que je comprenais les choses à l'époque… !
Le pédiluve donc, c'est cette flaque en général peu accueillante (eau froide et drôle d'odeur) qui est en avant-postes des barrières de protections hygiéniques des piscines. En gros, le pédiluve est aux piscines ce qu'étaient la ligne Maginot de la célèbre époque pour la France! Théoriquement infranchissable. Théoriquement.
En général, le pédiluve mesure un mètre, un mètre cinquante de long et dix à vingt centimètres de profondeur. Il occupe l'entière largeur du couloir qui mène au bassin. Un être humain moyen mettra deux à trois secondes pour le traverser (donc, nettement moins que pour traverser la manche en skis de fond).Ce qui devrait être suffisant pour que ces pieds y laissent les résidus de champignons (mycose) florissant entre ses doigts de pieds, tous microbes et autres bactéries, la prolifération de miasmes indéterminées et souvent luxuriantes et les couches de crasse accumulées depuis la dernière visite à la piscine. Au sortir de ce bassin ou la chimie et la biologie se seront affrontées dans un ultime combat moléculaire, les pieds de l'individu devraient être un champs de bataille totalement stérile… Pour le reste de son corps il y a la douche…mais c'est à chacun de voir et ce sera pour une autre chronique !
Et bien…c'est pas si simple que ça ! ! !
Etre propre, c'est pas si simple. Déjà, avant de se considérer comme « propre » il faut accepter l'idée que l'on puisse être crado. Sale naturellement, s'entend. Sale par utilisation naturel du corps. Dans tous ces sens. Sale simplement par le fait même d'exister, de vivre, d'être. C'est pas « je vis donc je suis » c'est « je vis donc je suis crade ».
Et puis enfin, c'est quoi la saleté ? C'est tout ce qui pourrait déranger les autres en fait ! Parce que nous, notre saleté, est ce qu'on ne l'aime pas un peu…est ce qu'on ne se l'entretien pas un petit peu quand même hein ? Au point d'éviter les endroits, les systèmes, les produits qui pourraient la mettre à mal… Nous l'enlever…notre saleté à nous ?
Hic, j'exagère un peu… !
Mais pas vraiment !
La preuve ?
Le pédiluve. Il faut voir, il faut avoir observé de longues heures, le défilé des humains et leur perplexité face à cette barrière « infranchissable », face à ce « Veuillez laisser votre crasse ici…vous pourrez la reprendre à la sortie ».
Il y a devant l'obligation d'en passer par ce sasse anti-crasse, comme l'émergence d'un sentiment semblable à celui du soldat vaincu, sommé de déposer ces armes ! Peut être même la crainte d'une perte de son identité… !
L'imagination de l'humain est sans borne pour tenter de passer outre cette frontière hygiénique. J'en ai surpris tentant de s'accrocher (retour à un passé lointain sentant bon son primate…) aux tuyaux d'eau du plafond et tenter ainsi une traversée désespérée. Pendu comme de gros fruits trop mur, ils ne tardaient pas de tomber au beau milieu d'une l'eau chlorée qui n'en demandait pas tant pour aller faire son travail de désinfection dans les étages supérieurs de l'individu dépité. D'autres, se prenant pour quelque Dieu ou prophète, l'air très inspiré essayaient par de savants mais maladroits entrechats de marcher sur l'eau, tandis que d'autres encore, au cul énorme, au poids dévastateur, nous faisait des pointes de petits rats de l'opéra…levant haut les bras des fois que… J'en ai vu aussi tenter des records du monde de triple sauts et finir leur course folle à plat ventre au beau milieu des plages, les doigts de pieds mutilés et le nombril mis à vif par la glissade incontrôlée…
Mais le nec, je le jure, l'affirme, je veux être changé en Tom'Pouce si je ment, oui ,la palme offerte à ceux que j'ai vu tenter d' escalader des rambardes hautes et glissantes au risque de se rompre le cou ou pour le moins une cheville, pour ne pas passer dans des pédiluves… absolument VIDES et secs. Secs, Secs, Secs…
Et ceux ci, à qui tu faisais remarquer d'un air désolé (quel autre air prendre ?) « Mais…il est vide ! » de répondre invariablement :
« oui, oui je sais mais je me baigne pas… » ! SI !
Le but de toutes ces tentatives de contournement, étant évidement de ne pas garder sa crasse pour sois, égoïstement, mais d'en faire profiter tout un chacun ! La baignade en piscine est un moment d'échange collectif ou tout se partage…n'est t'il pas ?
Le Maître Nageur dont la fonction est aussi de faire respecter quelques règles d'hygiènes, se doit d'intervenir dans ces cas là. Souvent il lui suffit de désigner du doigt le pédiluve, prendre un air un peu compréhensif, voir même laisser sentir une légère tendance à la complicité…et tout s'arrange. Mais pas toujours. Il n'y a rien de plus vexant pour une jolie nana, super sophistiquée, super apprêtée que de se faire rappeler à l'ordre par un « m'as tu vu » de Maître Nageur. Surtout si celui ci, laisse percer dans son regard un léger doute quand à la fraîcheur de pied de la donzelle ! En général la pimbêche se retranche derrière une attitude méprisante, voir hargneuse, c'est selon. De toute façon hyper vexée…
En tous les cas, le soir en boite…en cas de retrouvaille, y'a pas photo, le MNS n'aura pas la côte…
Sacré boulot !
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Tu vois je vais te dire un truc Margaux...Dans le fond tu as de la chance d'avoir un papa qui t'aime et surtout qui reste fidèle à son "état de papa de sa fille"
Certains il faut les trainer devant leur progéniture et leur dire:
"Regarde c'est ton enfant...qu'est ce que tu compte faire devant ses yeux plein d'espoir? Tiens voila un numéro de téléphone si un jour tu t'ennuie ou t'as rien à faire, appel on s'est jamais..." Alors certains se mettent à bouger et à ressentir un petit truc ...par là...vers le coeur!
D'autres s'en tapent.
D'autres encore lèvent un peu la tête au moment des fêtes, des anniversaires...Ils achètent un machin en plastique bien empaqueté, un beau ruban, au moins aussi large que leur indifférence et ...ça ira bien! Voilà, ils ont fait ce qu'ils devaient faire et basta à la prochaine...
Des papas il y en a plein de sortes...même des papas à qui ont fait croire qu'ils sont papa et qui en fait ne le sont pas... Mais de toute façon quelle importance? Un vrai merdier ma fille! Un vrai monde d'irresponsables amputés du coeur, étripés, sans humanité...! Regarde autour de toi, il y en a plein!
Alors tu vois, moi, ton papa (regarde ton nez et si un jour tu viens voir le mien tu verras que le doute de ton origine paternelle ne fait aucun doute) je me fout totalement des conditions qui font que pour le moment tu sois éloignée de moi, je me fout totalement des diffamations en tous genres qui t'ont été rapportées afin de tenter de te faire admettre et accepter que ton papa n'était pas digne de te voir et toi de l'avoir. Même au point de te faire dire des choses que tu ne pensais absolument pas! Mais de cela on en reparlera (voir la vidéo dans "vidéo").
Ce qui compte pour moi, c'est d'être et de rester ton papa parce que je sais qu'un jour tu auras besoin de moi, tu auras besoin de comprendre, tu auras besoin de ce papa maudit que tu ne connais pas, et ce jour là, Margaux, je serais là, tu peux me faire confiance! Je serais là, exactement comme si rien ne s'était passé. Comme au premier jour de ton arrivé dans mes bras.
C'est ça un vrai papa; Et pour cela tu as de la chance.
Bise tendresse
*******

Chronique 12 le Circaete
Ne le répète pas…mais je m'emmerde à tourner autour de mon bassin du début de l'après midi jusqu'à l'heure de la fermeture. Je m'emmerde grave. Je me le répète régulièrement « je m'emmerde…qu'est ce que je m'emmerde ! » …et ça ne fait pas avancer les choses, ni le temps. Mais c'est comme ça. Me fais chier !
Être payé à profiter du soleil, de la piscine, des glaces (quand il y en a….) de la sympathie des clients, du plaisir d'être aux commande du bateau… il y a pire quand même !
Alors parfois je tente de relativiser les choses: Je me coule avec horreur dans la peau des enfants-ouvriers-esclaves qui fabriquent mes pompes de course "Nike" dans des ateliers de lilliputiens avec des gardes chiourmes plein de dents... Une fois j'ai même tenté de faire la traversé du détroit de Gibraltar dans un rafiot complètement pourri , juste pour pouvoir dire que j'avais tenté quelque chose pour m'en sortir, pour toucher le royaume des dieux, pour frôler la chance d'avoir une vie normale : études, travail, famille, vacances, retraite, mort digne, souvenir, oubli, point....
Et ben même avec tout ça…je m'emmerde quand même ! Je compatis, je suis indigné , écœuré même, mais rien à faire, très vite je reviens à mon état de petit humain privilégié : je m'emmerde.
Dur de faire face aux injustices de la vie. Surtout quand on est du bon côté.
C'est fou cette propension qu'on les humains à aller chercher dans le ciel des échappatoires à leur ennui d'être... Et personne n' y échappe. Même moi qui n'ai jamais vu dans le ciel que le bleu riant et le gris chiant et bien c'est encore là que je vais aller chercher « la lumière »…
Je lève les yeux au ciel. Ma prière n'est pas celle que l'on pourrait croire et les anges que je recherche dans l'azur n'ont pas les qualités surnaturelles de ceux qui gravitent dans les esprit un peu allumés …
Les miens sont plumeux à souhait, crochus du bec et acérés de la poignée de patte.
Les rapaces.
Ils se font désirer les seigneurs…c'est pas tous les jours qu'on a droit au spectacle de leurs orbes. Ils ont leurs moments, leurs conditions et souvent le regard cherche jusqu'au soir une silhouette qui ne se profilera pas…
Mais je les connais bien ceux du coin. Je sais qu'ils ne peuvent s'empêcher, tôt ou tard de venir reluquer ma piscine, ma mare aux canards !
Ils débarquent comme ça, à l'improviste, venus tout droit de n'importe ou. Ils passent le col des Quatre Chemins, fondent sur les chaumes qui bordent le GR 70 et, profitant des ascendance chaudes, filent en planant sur la Combe Sourde. Là, juste au dessus de la piscine ils tournoient…et se délectent de notre petitesse, de nos petits pas serrés, , de nos mains sur les hanches qui font deux ailes chauves, inutiles et ridicules, de toutes nos petites actions rigolotes sans but apparent : se courir après, tomber dans l'eau, s'étaler par terre…bref le spectacle pour eux, c'est nous !
Mais c'est eux aussi le spectacle!
Quand ils se pointent à l'horizon je tente de les identifier…
Il y a Max le Milan noir qui traîne toujours au dessus de la rivière entre Lot et Lac de Villefort. Juste une tirée d'ailes pour lui. Y'a qu'à se laisser descendre d'un coté et se laisser porter de l'autre ! Lui, c'est charognard et compagnie…un bon filet de poiscaille bien en décomposition, une tranche de Blaireau pourrie …
Fidèle au rendez vous, il y a Bernis la Buse que je crois reconnaître d'une année sur l'autre. Elle, la piscine elle s'en tape, ce sont plutôt les crêtes et les lisières qui l'a branche…J'ai eu l'occas en Mai de la surprendre avec son pote en plein émoi amoureux …Un véritable festival de voltige aériennes! Après s'être fait des avances telle que vous même n'oseriez même pas imaginer en faire à votre copain (ine) ils se sont enlacés, l'un sur le dos, l'autre par dessus, serres enserrées les unes dans les autres et ont engagé une chute libre en « feuille morte » jusqu'à dix mètres du sol. Rétablissement, coups d'ailes, coup d'œils, les revoilà dans les nuages . Dans leurs nuages.
Et moi dans l'extase !
Mais mon préféré c'est quand même Jano le Circaète. Jean le Blanc. Lui je l'ai connu en Bourgogne. Là haut il était notre star à l'époque (il n'y en avait qu'un seul couple). Lorsqu'un copain (ine) le repérait quelque part au dessus de la Cote d'Or, le téléphone sonnait un peu partout, les bagnoles crissaient dans les virages et les jumelles sortaient des étuis…
Ici, en Lozère certains disent que le Circaète à un CDI au parc et qu'il est payé pour faire son cinéma devant les touristes…Moi, j'en doute quand même un peu …
Il a pas une allure à se vendre ce poulet royale là ! Faut voir la majesté du vol, l'ampleur du personnage quand il remplit le ciel de sa silhouette large et d'un blanc sous caudale immaculé. Sa forme en M caractéristique ne veut pas dire
« merde à celui qui le lira » mais plutôt « majesté » ou « mirage »…
Les remiges à peine frétillantes, il est capable de te faire un vol « st esprix » aussi top que celui d'un Crécerelle mais avec la masse en plus…c'est dire !
Voilà, tu vois en levant les yeux au ciel et bien on trouve tout ça au dessus de ma piscine et le temps passe plus vite. Bon…quand même de temps en temps je mate le fond du bassin pour vérifier que…
Tiens, c'est parti! Notre Jano a repéré un truc, une proie, à tous les coups un serpent au-dessus du chaume. Vol St Esprit donc, tête plongée vers le bas. J'imagine les yeux orangés, tel des zooms surpuissant qui ont déjà repéré la ligne d'attaque la plus direct mais aussi la plus discrète… il vire vers la gauche, repli ses ailes, juste les avant bras, il laisse les bras et les remiges pour donner de la flèche et diriger…le piqué… Quelle chute… ! Ça doit siffler dans les haubans…j'imagine la pression contre ses pupilles dilatées dans le couloir d'air solide dans lequel il file à 100 à l'heure, "l'air", celui de Brassens, celui "qui ferait éclater vos poumons " Il est projectile dans ce tunnel aspirant qui débouchera obligatoirement sur sa proie. La ligne est directe, sans appel, à trois mètres du sol deux énormes pattes jaillissent du dessous de la bombe, se tendent, crochés acérés en pronation…le serpent n'a rien vu venir. Transpercés d'une multitude de coups de poignard simultanés… Comment voulez-vous qu'il songe encore à un avenir radieux le serpentin ? Il est charpie et le coup de tenaille porté par le bec de son assaillant ne fera rien pour lui redonner le goût de vivre.
Là, je le vois plus mon Jano. Mais je sais. J'imagine ! Je sais exactement ce qu'il fait. Il est bien campé sur ses papattes, posées sur le chaud d'un granite rond. Il mate les alentours pour être certain que personne ne viendra l'emmerder, il se dit qu'une fois de plus il a eu vachement de la chance dans sa chute, qu'il aurait très bien pu se planter complètement et se fracasser dans un arbre, être transpercé par une branche (vu en vrai) ou se prendre une clôture style « fil à couper le beurre ou les ailes »…Là on peut souffler, la bouffe est au four!
Si vous parveniez jusqu'à un coin pas trop éloigné, vous pourriez le voir se saisir, d'un coup rapide, de sa proie et l'ingurgiter comme ça, direct, dans le bon sens de l'œsophage, très fier de l'image qu'il vous donnerait si à ce moment « clic-clac » vous aviez l'opportunité de déclencher le petit oiseau …
« Eh m'sieur tu fermes pas ce soir…on peut rester… »
D'un coup, un bruit épouvantable me remplit la tête, des couleurs filent devant mes yeux et vont se fracasser dans l'eau bleue en faisant jaillir des geysers d'écume…les cons de gamins qui profitent de mon absence pour foutre le bordel !
« Si, si je ferme...allez tout le monde aux vestiaires...!. »
Avec une demi-heure de retard.
Mais va négocier une demi-heure de retard en heure sup… pour un Circa qui a déjà reprit son vol et qui s'éloigne là bas au-dessus du Mt Lozère.
****
Tu vois Margaux des fois ma piscine du Bleymard c'était un peu comme un chalutier en pleine tempête...Alors ça donnait ça:
Certains il faut les trainer devant leur progéniture et leur dire:
"Regarde c'est ton enfant...qu'est ce que tu compte faire devant ses yeux plein d'espoir? Tiens voila un numéro de téléphone si un jour tu t'ennuie ou t'as rien à faire, appel on s'est jamais..." Alors certains se mettent à bouger et à ressentir un petit truc ...par là...vers le coeur!
D'autres s'en tapent.
D'autres encore lèvent un peu la tête au moment des fêtes, des anniversaires...Ils achètent un machin en plastique bien empaqueté, un beau ruban, au moins aussi large que leur indifférence et ...ça ira bien! Voilà, ils ont fait ce qu'ils devaient faire et basta à la prochaine...
Des papas il y en a plein de sortes...même des papas à qui ont fait croire qu'ils sont papa et qui en fait ne le sont pas... Mais de toute façon quelle importance? Un vrai merdier ma fille! Un vrai monde d'irresponsables amputés du coeur, étripés, sans humanité...! Regarde autour de toi, il y en a plein!
Alors tu vois, moi, ton papa (regarde ton nez et si un jour tu viens voir le mien tu verras que le doute de ton origine paternelle ne fait aucun doute) je me fout totalement des conditions qui font que pour le moment tu sois éloignée de moi, je me fout totalement des diffamations en tous genres qui t'ont été rapportées afin de tenter de te faire admettre et accepter que ton papa n'était pas digne de te voir et toi de l'avoir. Même au point de te faire dire des choses que tu ne pensais absolument pas! Mais de cela on en reparlera (voir la vidéo dans "vidéo").
Ce qui compte pour moi, c'est d'être et de rester ton papa parce que je sais qu'un jour tu auras besoin de moi, tu auras besoin de comprendre, tu auras besoin de ce papa maudit que tu ne connais pas, et ce jour là, Margaux, je serais là, tu peux me faire confiance! Je serais là, exactement comme si rien ne s'était passé. Comme au premier jour de ton arrivé dans mes bras.
C'est ça un vrai papa; Et pour cela tu as de la chance.
Bise tendresse
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Chronique 12 le Circaete
Ne le répète pas…mais je m'emmerde à tourner autour de mon bassin du début de l'après midi jusqu'à l'heure de la fermeture. Je m'emmerde grave. Je me le répète régulièrement « je m'emmerde…qu'est ce que je m'emmerde ! » …et ça ne fait pas avancer les choses, ni le temps. Mais c'est comme ça. Me fais chier !
Être payé à profiter du soleil, de la piscine, des glaces (quand il y en a….) de la sympathie des clients, du plaisir d'être aux commande du bateau… il y a pire quand même !
Alors parfois je tente de relativiser les choses: Je me coule avec horreur dans la peau des enfants-ouvriers-esclaves qui fabriquent mes pompes de course "Nike" dans des ateliers de lilliputiens avec des gardes chiourmes plein de dents... Une fois j'ai même tenté de faire la traversé du détroit de Gibraltar dans un rafiot complètement pourri , juste pour pouvoir dire que j'avais tenté quelque chose pour m'en sortir, pour toucher le royaume des dieux, pour frôler la chance d'avoir une vie normale : études, travail, famille, vacances, retraite, mort digne, souvenir, oubli, point....
Et ben même avec tout ça…je m'emmerde quand même ! Je compatis, je suis indigné , écœuré même, mais rien à faire, très vite je reviens à mon état de petit humain privilégié : je m'emmerde.
Dur de faire face aux injustices de la vie. Surtout quand on est du bon côté.
C'est fou cette propension qu'on les humains à aller chercher dans le ciel des échappatoires à leur ennui d'être... Et personne n' y échappe. Même moi qui n'ai jamais vu dans le ciel que le bleu riant et le gris chiant et bien c'est encore là que je vais aller chercher « la lumière »…
Je lève les yeux au ciel. Ma prière n'est pas celle que l'on pourrait croire et les anges que je recherche dans l'azur n'ont pas les qualités surnaturelles de ceux qui gravitent dans les esprit un peu allumés …
Les miens sont plumeux à souhait, crochus du bec et acérés de la poignée de patte.
Les rapaces.
Ils se font désirer les seigneurs…c'est pas tous les jours qu'on a droit au spectacle de leurs orbes. Ils ont leurs moments, leurs conditions et souvent le regard cherche jusqu'au soir une silhouette qui ne se profilera pas…
Mais je les connais bien ceux du coin. Je sais qu'ils ne peuvent s'empêcher, tôt ou tard de venir reluquer ma piscine, ma mare aux canards !
Ils débarquent comme ça, à l'improviste, venus tout droit de n'importe ou. Ils passent le col des Quatre Chemins, fondent sur les chaumes qui bordent le GR 70 et, profitant des ascendance chaudes, filent en planant sur la Combe Sourde. Là, juste au dessus de la piscine ils tournoient…et se délectent de notre petitesse, de nos petits pas serrés, , de nos mains sur les hanches qui font deux ailes chauves, inutiles et ridicules, de toutes nos petites actions rigolotes sans but apparent : se courir après, tomber dans l'eau, s'étaler par terre…bref le spectacle pour eux, c'est nous !
Mais c'est eux aussi le spectacle!
Quand ils se pointent à l'horizon je tente de les identifier…
Il y a Max le Milan noir qui traîne toujours au dessus de la rivière entre Lot et Lac de Villefort. Juste une tirée d'ailes pour lui. Y'a qu'à se laisser descendre d'un coté et se laisser porter de l'autre ! Lui, c'est charognard et compagnie…un bon filet de poiscaille bien en décomposition, une tranche de Blaireau pourrie …
Fidèle au rendez vous, il y a Bernis la Buse que je crois reconnaître d'une année sur l'autre. Elle, la piscine elle s'en tape, ce sont plutôt les crêtes et les lisières qui l'a branche…J'ai eu l'occas en Mai de la surprendre avec son pote en plein émoi amoureux …Un véritable festival de voltige aériennes! Après s'être fait des avances telle que vous même n'oseriez même pas imaginer en faire à votre copain (ine) ils se sont enlacés, l'un sur le dos, l'autre par dessus, serres enserrées les unes dans les autres et ont engagé une chute libre en « feuille morte » jusqu'à dix mètres du sol. Rétablissement, coups d'ailes, coup d'œils, les revoilà dans les nuages . Dans leurs nuages.
Et moi dans l'extase !
Mais mon préféré c'est quand même Jano le Circaète. Jean le Blanc. Lui je l'ai connu en Bourgogne. Là haut il était notre star à l'époque (il n'y en avait qu'un seul couple). Lorsqu'un copain (ine) le repérait quelque part au dessus de la Cote d'Or, le téléphone sonnait un peu partout, les bagnoles crissaient dans les virages et les jumelles sortaient des étuis…
Ici, en Lozère certains disent que le Circaète à un CDI au parc et qu'il est payé pour faire son cinéma devant les touristes…Moi, j'en doute quand même un peu …
Il a pas une allure à se vendre ce poulet royale là ! Faut voir la majesté du vol, l'ampleur du personnage quand il remplit le ciel de sa silhouette large et d'un blanc sous caudale immaculé. Sa forme en M caractéristique ne veut pas dire
« merde à celui qui le lira » mais plutôt « majesté » ou « mirage »…
Les remiges à peine frétillantes, il est capable de te faire un vol « st esprix » aussi top que celui d'un Crécerelle mais avec la masse en plus…c'est dire !
Voilà, tu vois en levant les yeux au ciel et bien on trouve tout ça au dessus de ma piscine et le temps passe plus vite. Bon…quand même de temps en temps je mate le fond du bassin pour vérifier que…
Tiens, c'est parti! Notre Jano a repéré un truc, une proie, à tous les coups un serpent au-dessus du chaume. Vol St Esprit donc, tête plongée vers le bas. J'imagine les yeux orangés, tel des zooms surpuissant qui ont déjà repéré la ligne d'attaque la plus direct mais aussi la plus discrète… il vire vers la gauche, repli ses ailes, juste les avant bras, il laisse les bras et les remiges pour donner de la flèche et diriger…le piqué… Quelle chute… ! Ça doit siffler dans les haubans…j'imagine la pression contre ses pupilles dilatées dans le couloir d'air solide dans lequel il file à 100 à l'heure, "l'air", celui de Brassens, celui "qui ferait éclater vos poumons " Il est projectile dans ce tunnel aspirant qui débouchera obligatoirement sur sa proie. La ligne est directe, sans appel, à trois mètres du sol deux énormes pattes jaillissent du dessous de la bombe, se tendent, crochés acérés en pronation…le serpent n'a rien vu venir. Transpercés d'une multitude de coups de poignard simultanés… Comment voulez-vous qu'il songe encore à un avenir radieux le serpentin ? Il est charpie et le coup de tenaille porté par le bec de son assaillant ne fera rien pour lui redonner le goût de vivre.
Là, je le vois plus mon Jano. Mais je sais. J'imagine ! Je sais exactement ce qu'il fait. Il est bien campé sur ses papattes, posées sur le chaud d'un granite rond. Il mate les alentours pour être certain que personne ne viendra l'emmerder, il se dit qu'une fois de plus il a eu vachement de la chance dans sa chute, qu'il aurait très bien pu se planter complètement et se fracasser dans un arbre, être transpercé par une branche (vu en vrai) ou se prendre une clôture style « fil à couper le beurre ou les ailes »…Là on peut souffler, la bouffe est au four!
Si vous parveniez jusqu'à un coin pas trop éloigné, vous pourriez le voir se saisir, d'un coup rapide, de sa proie et l'ingurgiter comme ça, direct, dans le bon sens de l'œsophage, très fier de l'image qu'il vous donnerait si à ce moment « clic-clac » vous aviez l'opportunité de déclencher le petit oiseau …
« Eh m'sieur tu fermes pas ce soir…on peut rester… »
D'un coup, un bruit épouvantable me remplit la tête, des couleurs filent devant mes yeux et vont se fracasser dans l'eau bleue en faisant jaillir des geysers d'écume…les cons de gamins qui profitent de mon absence pour foutre le bordel !
« Si, si je ferme...allez tout le monde aux vestiaires...!. »
Avec une demi-heure de retard.
Mais va négocier une demi-heure de retard en heure sup… pour un Circa qui a déjà reprit son vol et qui s'éloigne là bas au-dessus du Mt Lozère.
****
Tu vois Margaux des fois ma piscine du Bleymard c'était un peu comme un chalutier en pleine tempête...Alors ça donnait ça:
Chronique 11 l'apocalypse.
Il pleut. L'eau est partout. Elle tombe de là haut et monte des dessous de la terre. Elle s'étale ici et déborde là bas. Rien n'est à l'abri.
Des rideaux pouilleux, liquides et gris, poussés par un vent glacé se baladent comme ça... pendu en l'air…
Mon parasol ressemble à un fantôme dépité, détrempé. Il goutte. Me dégoûte. Il ressemble à un rhume. Il est une loque imbibée. Autour de la piscine c'est une over dose de gris. Presque beau pourtant ! Assurément déprimant.
A part les bruits d'eau. Rien. Autour, tout est mort ou en voie de l'être. Les hommes noyés par milliers, par million, par toute cette eau, source de vie, qui tue par plaisir. Parce que dans le fond, elle pourrait faire autrement…faire des îles, faire flotter des radeaux, dessiner de jolies canaux ! Là, elle est entrée dans toutes les bouches, à envahi tous les poumons et les a dilaté à les faire péter !
Moi, je survis. C'est normal, je suis Maître nageur. L'eau c'est moi qui la dompte, même si, comme aujourd'hui, j'ai du mal !
Tiens, une bagnole qui passe là haut sur la route…! Un autre survivant! Sûrement l'eau le rattrapera avant le début de la côte du Mt Lozère…
Pas gai aujourd'hui la piscine…vais pas ouvrir.. qui viendrait se baigner par ces temps d'apocalypses…les morts vivants ?
Le téléphone sonne : « gloup, gloup, gloup ». Une voix de gamin.
« ! ! ! !hum !
« Est ce que la piscine elle est ouverte ? »
« hum, je suis là encore un peu, à peine vivant. Pourquoi ? »
« on peut venir ? »
« ! ! !où? »
« Ben à la piscine ! »
Et moi qui pensais qu'il n'y avait que moi et les rats pour survivre à cette fin du monde !
« Ouai, ouai, fissa, rappliquez fissa… »
Avant que la com' soit coupée, j'entends encore :
« ouaaaaa, trop cool…allez on y va ! ! ! »
Ben voilà, tu vois Margaux des fois le soleil peut se lever, même là ou tu ne l'attendais vraiment pas!
Lunettes noires sur le front, peigne en écaille dans le maillot, tee shirt class, style surf, sandale pro, démarche chaloupée…la fin du monde n'est pas pour demain. C'est parti !

Il pleut. L'eau est partout. Elle tombe de là haut et monte des dessous de la terre. Elle s'étale ici et déborde là bas. Rien n'est à l'abri.
Des rideaux pouilleux, liquides et gris, poussés par un vent glacé se baladent comme ça... pendu en l'air…
Mon parasol ressemble à un fantôme dépité, détrempé. Il goutte. Me dégoûte. Il ressemble à un rhume. Il est une loque imbibée. Autour de la piscine c'est une over dose de gris. Presque beau pourtant ! Assurément déprimant.
A part les bruits d'eau. Rien. Autour, tout est mort ou en voie de l'être. Les hommes noyés par milliers, par million, par toute cette eau, source de vie, qui tue par plaisir. Parce que dans le fond, elle pourrait faire autrement…faire des îles, faire flotter des radeaux, dessiner de jolies canaux ! Là, elle est entrée dans toutes les bouches, à envahi tous les poumons et les a dilaté à les faire péter !
Moi, je survis. C'est normal, je suis Maître nageur. L'eau c'est moi qui la dompte, même si, comme aujourd'hui, j'ai du mal !
Tiens, une bagnole qui passe là haut sur la route…! Un autre survivant! Sûrement l'eau le rattrapera avant le début de la côte du Mt Lozère…
Pas gai aujourd'hui la piscine…vais pas ouvrir.. qui viendrait se baigner par ces temps d'apocalypses…les morts vivants ?
Le téléphone sonne : « gloup, gloup, gloup ». Une voix de gamin.
« ! ! ! !hum !
« Est ce que la piscine elle est ouverte ? »
« hum, je suis là encore un peu, à peine vivant. Pourquoi ? »
« on peut venir ? »
« ! ! !où? »
« Ben à la piscine ! »
Et moi qui pensais qu'il n'y avait que moi et les rats pour survivre à cette fin du monde !
« Ouai, ouai, fissa, rappliquez fissa… »
Avant que la com' soit coupée, j'entends encore :
« ouaaaaa, trop cool…allez on y va ! ! ! »
Ben voilà, tu vois Margaux des fois le soleil peut se lever, même là ou tu ne l'attendais vraiment pas!
Lunettes noires sur le front, peigne en écaille dans le maillot, tee shirt class, style surf, sandale pro, démarche chaloupée…la fin du monde n'est pas pour demain. C'est parti !
Eau mouillée, ph et chl détrempés
Bonne baignade
Bonne baignade
"waaaou... trop nul ce papa"!
T'as raison ma fille, vraiment trop nul ce papa!!
T'as raison ma fille, vraiment trop nul ce papa!!
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