ILS M'ONT COUPE LES AILES
On m'a coupé les ailes.

Pour toi, j'avais de belles ailes.
Tu pouvais t'y coucher et sucer ton pouce en t'endormant.
Tu étais si petite au milieu d'elles.
Tu pouvais t'y asseoir et tu dominais notre monde.
Les Grandes Prairies,
Les Montagnes –Aventure, les torrents escarpés, que de roches en roches nous remontions sans fatigue.
Je t'y enseignais les chansons folles, les rythmes rigolos, les danses tournantes.
Je sentais peser sur mes belles ailes, tout le poids de ton amour,
Et quand tu disais en éclaboussant mes cheveux de ton rire peureux
« il est fou ce papa »
C'est que tu avais cru, un petit instant que mes ailes allaient flancher,
Mais tu n'y croyais pas vraiment.
Pour toi j'avais de belles ailes.
C'est toi qui me les avais offerte.
Un jour comme ça, en arrivant de nul part.
Ta petite existence a fait de moi un être ailé.
Je les ai senti pousser, sortir de mon corps, prendre racine dans mon cœur
Et s'étendre aussi loin que ta petite ombre te conduisait.
Combien de fois m'ont elles mené vers toi alors que tu étais si loin.
Combien de fois, malgré les tempêtes et les naufrages qui m'assaillaient et dans lesquels je me perdais corps et bien, combien de fois m'ont elles fait remonter dans les espaces clairs ou je te retrouvais, et ou tes yeux, ton rire, la beauté de ton enfance me disaient qu'aucune tempête, aucun naufrage ne seraient assez fort pour briser ces ailes.
Ces ailes que tu m'avais donné
Et puis, on m'a coupé les ailes.
Elle ont mit un certain temps a tomber.
Elles étaient bien accrochées.
En fait, on ne les a pas vraiment coupées
On les a plutôt arrachées.
Salement, pour faire mal. Pour déchiqueter.
Elle prenaient trop de place, elles faisaient trop d'ombre.
Tu y était trop bien.
Elle sont tombées par terre, sans faire de bruit. Pas plus qu'une plume s'endormant sur un manuscrit inachevé.
Depuis, j'ai deux grands trous béant dans le corps. Ouvert à tous les vents, à toutes les averses.
Surtout les mauvais vents qui ravagent mon âme et la répande.
Surtout les méchantes averses qui la noie et la dilue.
Seule mon cœur étreint encore, à se rompre,
Leurs racines que personne ne parviendra jamais à arracher.
Comme elle me manque mes belles ailes,
Quand des songes tourmentés m'envahissent.
Te livrant aux dangers, à la peine.
Toi qui ne supportait pas que l'on bouscule ton papa.
Coup de poignard dans les plaies saignantes de mes moignons à vif.
Quand je sais ta peine…mes ailes me manquent
A tes questions je ne puis rien répondre.
Je les connais toutes pourtant.
Elles sont celles que se pose l'innocence face à la méchanceté du monde.
Tes yeux cherchent dans l'inconnu, une île, un rivage ou se poser.
Mon enfant, ma petite fille
Je n'ai plus d'aile pour te rassurer.
Ou sont- elles mes belles ailes ?
Moi qui rêvais de voir dans tes yeux, les baleines du St Laurent,
Les chutes du Zambèze, les aurores boréales du pays des rennes.
Survoler le monde de derrière la colline et écouter les chants magiques.
Lorsqu'au repos je les aurais replié, mes belles ailes,
Je t'aurais écoutée, j'aurais entendu la musique de ton bonheur,
De tes étonnements, de ton intelligence au galop sur le monde.
Ma petite fille je n'ai plus d'ailes. Ils me les ont arrachées.
Longtemps j'ai pensé qu'il me faudrait me battre pour les retrouver.
Mais je sais aujourd'hui que toi seule a le pouvoir, ce pouvoir,
De me les rendre.
En auras tu la force. Le courage.
Je t'aime.
Papa.
Tu pouvais t'y coucher et sucer ton pouce en t'endormant.
Tu étais si petite au milieu d'elles.
Tu pouvais t'y asseoir et tu dominais notre monde.
Les Grandes Prairies,
Les Montagnes –Aventure, les torrents escarpés, que de roches en roches nous remontions sans fatigue.
Je t'y enseignais les chansons folles, les rythmes rigolos, les danses tournantes.
Je sentais peser sur mes belles ailes, tout le poids de ton amour,
Et quand tu disais en éclaboussant mes cheveux de ton rire peureux
« il est fou ce papa »
C'est que tu avais cru, un petit instant que mes ailes allaient flancher,
Mais tu n'y croyais pas vraiment.
Pour toi j'avais de belles ailes.
C'est toi qui me les avais offerte.
Un jour comme ça, en arrivant de nul part.
Ta petite existence a fait de moi un être ailé.
Je les ai senti pousser, sortir de mon corps, prendre racine dans mon cœur
Et s'étendre aussi loin que ta petite ombre te conduisait.
Combien de fois m'ont elles mené vers toi alors que tu étais si loin.
Combien de fois, malgré les tempêtes et les naufrages qui m'assaillaient et dans lesquels je me perdais corps et bien, combien de fois m'ont elles fait remonter dans les espaces clairs ou je te retrouvais, et ou tes yeux, ton rire, la beauté de ton enfance me disaient qu'aucune tempête, aucun naufrage ne seraient assez fort pour briser ces ailes.
Ces ailes que tu m'avais donné
Et puis, on m'a coupé les ailes.
Elle ont mit un certain temps a tomber.
Elles étaient bien accrochées.
En fait, on ne les a pas vraiment coupées
On les a plutôt arrachées.
Salement, pour faire mal. Pour déchiqueter.
Elle prenaient trop de place, elles faisaient trop d'ombre.
Tu y était trop bien.
Elle sont tombées par terre, sans faire de bruit. Pas plus qu'une plume s'endormant sur un manuscrit inachevé.
Depuis, j'ai deux grands trous béant dans le corps. Ouvert à tous les vents, à toutes les averses.
Surtout les mauvais vents qui ravagent mon âme et la répande.
Surtout les méchantes averses qui la noie et la dilue.
Seule mon cœur étreint encore, à se rompre,
Leurs racines que personne ne parviendra jamais à arracher.
Comme elle me manque mes belles ailes,
Quand des songes tourmentés m'envahissent.
Te livrant aux dangers, à la peine.
Toi qui ne supportait pas que l'on bouscule ton papa.
Coup de poignard dans les plaies saignantes de mes moignons à vif.
Quand je sais ta peine…mes ailes me manquent
A tes questions je ne puis rien répondre.
Je les connais toutes pourtant.
Elles sont celles que se pose l'innocence face à la méchanceté du monde.
Tes yeux cherchent dans l'inconnu, une île, un rivage ou se poser.
Mon enfant, ma petite fille
Je n'ai plus d'aile pour te rassurer.
Ou sont- elles mes belles ailes ?
Moi qui rêvais de voir dans tes yeux, les baleines du St Laurent,
Les chutes du Zambèze, les aurores boréales du pays des rennes.
Survoler le monde de derrière la colline et écouter les chants magiques.
Lorsqu'au repos je les aurais replié, mes belles ailes,
Je t'aurais écoutée, j'aurais entendu la musique de ton bonheur,
De tes étonnements, de ton intelligence au galop sur le monde.
Ma petite fille je n'ai plus d'ailes. Ils me les ont arrachées.
Longtemps j'ai pensé qu'il me faudrait me battre pour les retrouver.
Mais je sais aujourd'hui que toi seule a le pouvoir, ce pouvoir,
De me les rendre.
En auras tu la force. Le courage.
Je t'aime.
Papa.


Commentaires
igoir le 01/02/2007 à 11:03:36azer